LOUHAN - chapitre 14 : Paradis infernaux

Avertissement : J'ai mis ici un petit fatras de textes divers n'ayant pas forcément de continuité, avec des chronologies souvent différentes par rapport au récit. On en reprendra le fil régulier au prochain chapitre.

Pour l'anniversaire de mes 20 ans, j'ai décidé de ne rien faire. C'est début septembre, et on le fêtait généralement le dernier week-end avant la rentrée scolaire. L'occasion de se retrouver entre potes (et copines), excités par l'été passé et la nouvelle année scolaire, symbole d'une marche de plus dans la vie, vers la vie, la vie adulte, la liberté. En vérité, on est plus libre finalement, lorsque l'on est enfant. Je ne dis pas (du tout) que l'enfance est le paradis du bonheur insouciant... Déjà, les paradis sont faits pour être perdus ! et regrettés. C'est un mythe comme il y en a tant, trop. La révolution de l'adolescence lui règle son compte, à l'enfance, la reléguant dans les poubelles de notre histoire personnelle, avec une dalle en béton par dessus. Rien alors n'est pire qu'un enfant. Au collège, les troisièmes n'ont que du mépris devant les bouilles de bébé des sixièmes. C'est qu'eux sont des hommes ! et il faut que le monde entier le sache. Et ils le prouvent... à la première occasion de faire une connerie. Le groupe, c'est bien pour ça. L'effet de meute est au max chez les ados. C'est commode : puisqu'on n'a pas de réfs sur rien, alors ça en deviendra, pour le meilleur et pour le pire.

L'état d'esprit change véritablement, en positif ou en négatif. Remarque, en général, c'est les deux à la fois – ce qui est perturbant. On est moins affecté par certaines choses, mais plus par d'autres. On pense, on réfléchit, beaucoup. On a raison, mais on est pas raisonnable pour autant... Surtout pas ! On est dans la prise de risque, dans les défis, dans l'élan vigoureux vers... rien. Tout est gravissime et futilissime. Et c'est vrai que ça l'est, mais on le découvre. On ne fait que ça, aussi, découvrir. On se croit Christophe Colomb ! lequel s'est quand même complètement planté avec sa route des Indes – totalement à l'ouest... Et on fait pareil. Tu me diras qu'il a quand même découvert l'Amérique ! Oui, et c'était une sorte de paradis que les colons ont dévasté, ravagé, souillé de multiples sortes... et ce n'est pas fini. L'Amérique a été un espoir pour beaucoup d'Européens, et une source de désespoir pour les autochtones, et les masses de gens importés de force d'Afrique.

Le seul Paradis, c'est l'amour. Et même s'il est rarement éternel, on s'en fiche car on n'y pense pas – encore heureux. Mais être amoureux est tellement artificiel que ça ne compte presque pas. On est totalement défoncé ! Pire que les crackeux. Le réel est flou, le libre arbitre aux oubliettes, avec la raison. C'est un état mental des plus hallucinant – au sens propre du terme – où l'on baigne dans une félicité tout aussi énorme que factice. Parce qu'il va y avoir des lendemains qui ne vont plus chanter comme un gazouillis d'oiseaux au printemps, mais comme un bruit de tronçonneuse quand on a la gueule de bois – état qui m'est (encore) inconnu, et qui j'espère le restera ! non pas pour des raisons morales, mais question de dignité. « Noblesse oblige », si je puis (et ose) dire, même s'il y a, précisément, une certaine allure, voire un panache, à la déchéance... On verra.

Le Paradis de l'amour le plus chargé de fruits – dont aucun n'est défendu – n'est absolument pas celui de l'amour sexuel. Le sexe ne rassasie pas. À peine consommé, à peine on en redemande ! Alors que l'amour désintéressé est durable, auto-régénérant, prolifique, constant. L'un rabaisse toute dignité et amour propre dans les plus répugnants des caniveaux ! – ce qui n'est pas forcément désagréable non plus... – et l'autre élève l'âme pour mieux illuminer ton intérieur et tout ce qui t'entoure. Cet état d'esprit, cet état d'âme, il n'a besoin de personne d'autre que toi-même. C'est plus commode. L'objet de cet amour, il est totalement dématérialisé, car c'est l'Amour Lui-même. Il rayonne, sans choisir ce qu'il éclaire et réchauffe... un peu comme un soleil, mais qui ne ferait pas d'ombre.

Je connais des gens, plus ou moins, et plus ou moins dans cet état-là. Je dirai que ça semble leur réussir. Ils ont l'air bien. Mais ce n'est pas mon cas. Je n'ai pas vraiment de disposition pour, ni d'aspiration sensible. Ma chair est trop jeune, trop ferme et trop souple pour ne pas la sentir en permanence m'envelopper de désir pour celle des autres, de beaucoup d'autres. Le désir peut tout se permettre... et il ne se gêne pas, le salaud ! puisque, de toute façon, on lui passe tout – même si, passer à l'acte est une toute autre affaire... La marche peut être haute, et notre pas hésitant – surtout le premier. On croit facilement que c'est impossible, que personne ne peut nous aimer comme nous on en est capable ! Surtout Lui – tu sais bien : ce gars à qui tu penses. Tu imagines la réciprocité !? Oui, tu y penses... enfin : tu en rêves. Les rêves, ça peut tout. Ils sont bien les seuls. Lui aussi, pourrait tout ! tant son pouvoir sur toi est immense, infini. Est-ce qu'il te regarde seulement... Peut-être que oui. Peut-être qu'il fait comme toi : semblant. Semblant d'être indifférent, alors que c'est un volcan dont la lave te brûle en coulant dans tes veines. Cet excès de jeunesse – quel que soit l'âge où ça te frappe, te tombant dessus comme la foudre – c'est facilement un enfer. Et tu maudis le ciel qui t'a fait comme ci ou comme ça, mais pas (du tout) comme il aurait fallu pour pouvoir espérer Lui plaire... Merde. Je n'ai pas de réponse. J'ai juste de la tendresse... pour toi. Pas besoin de te connaître, ni d'en savoir plus sur ce qui te touche. Je sais que tu es, et que je suis aussi, et qu'on est tous pareils, quel que soit notre position dans la vie. La vie terrestre, loin du Paradis.

L'art peut être aussi, à sa manière, être un petit paradis. Tout y est possible ! à condition d'y mettre les formes, des formes – surtout humaines. Texte, peinture, photo, danse, sculpture, musique, et tout ce qui est accessible à la main, à la sensibilité, à l'imaginaire, peut faire naître ce que la dureté de la vie n'a pas su mettre à ta portée. Les artistes sont là pour ça. Pour plein de choses ! mais pour ça aussi, pour toi. C'est pour toi que j'écris, par exemple. Moi, c'est écrire qui compte, et si tu me lis, c'est bien. Mais, pour l'heure, j'écris surtout dans le vide, car mes lecteurs – que j'aime appeler (avec tendresse) un happy few – ne sont plus qu'une trentaine à suivre mes aventures avec Louhan, alors qu'ils étaient bien plus quand je n'avais qu'un seul blog. Ça ne change rien pour moi, car, sans aucun lecteur, j'écrirai pareil. C'est faire qui compte. Le reste ne m'appartient pas. Et je n'en connais physiquement aucun, car personne parmi mes proches n'en connaît l'existence – même Louhan. Il m'a demandé une fois si j'écrivais des trucs sur lui. J'ai répondu : « Évidement ! Mais t'inquiète, jusque là, c'est flatteur... » Il pense que j'écris dans un journal intime, alors que ce n'est pas du tout mon genre ! J'ai bien un journal – sur lequel je ne suis pas très assidu – mais qui ne concerne que mon travail artistique. « Tu me feras lire, un jour ? » J'ai répondu oui, pas engager de débat. Je pourrai, en vrai, mais ma seule réserve est que ça puisse changer son comportement, comme s'il se sentait observé, presque filmé, en permanence. S'il se mettait à jouer son propre rôle, ça pourrait vite être pesant et pourrir notre relation. Ça s'est vu, pour d'autres raisons, avec des membres de la famille d'écrivains qui se reconnaissaient dans certains livres, et de manière peu flatteuse. Donc, on va s'abstenir... Après, si l'on se quitte en bons termes, je lui enverrai peut-être, en souvenir.

Je ne déteste pas non plus l'intimité de mon petit groupe de lecteurs. S'ils restent à me suivre, c'est qu'il y a quelque chose d'identique (à moi) qui résonne en eux. C'est une sorte de fraternité sentimentale... à commencer par le fait d'être tous gays. Et j'aime écrire spécifiquement pour des gays. La littérature hétéro écrase l'offre ! Et c'est bien que notre voix puisse porter vers ceux aptes à l'entendre, de la même manière. J'entends aussi que bien des gays sont différents, avec des univers sensuels et sexuels très variés... mais il y a malgré tout des constantes, et en premier lieu d'aimer les garçons, les hommes, les mecs. Et aussi qu'on fait partie d'un groupe que beaucoup de gens n'aiment pas – voire détestent, voire haïssent. Cela devrait nous souder, mais je déplore beaucoup de divisions dans la famille LGBT. C'est souvent lié à la politique, avec une grande indulgence de certains pour certains de nos agresseurs ; ou beaucoup d’intolérance (un comble !) pour qui ne pense pas comme il faut ; ou à une navrante concurrence victimaire de minorités dans la minorité. Le plus insupportable étant l'homophobie entre LGBT – comme des mascus qui ne supportent pas les efféminés. Moi qui ai l'avantage d'être versa, j'aime les deux tout naturellement, mais je n'arrive cependant pas du tout à comprendre qu'on veuille que tous les autres soient comme soi ! J'aime la diversité, et toutes les couleurs de l'arc-en-ciel...

Je suis aussi très hésitant sur la diffusion de mon travail, quel que soit le domaine. J'ai déjà exposé, par exemple (assez confidentiellement), et, si j'ai bien aimé échanger avec quelques personnes sur mon travail, j'ai quand même plus été consterné par le niveau d'approche de nombre de visiteurs. D'une certaine manière, ce n'est pas mon affaire... mais ça reste une épreuve. Et ne va surtout pas croire que je ne supporte pas la critique ! cela fait partie du jeu, et ça peut être intéressant. Ce qui m'est pénible, c'est la bêtise. Je suis enchanté si quelqu'un me dit avoir été sensible à telle chose que j'ai exprimée, parce que je sens que mes efforts n'ont pas été vain, et je suis près à écouter sans problème des gens n'adhérant pas, mais j'ai entendu des phrases du genre : « C'est très joli... mais je ne mettrai pas ça chez moi ! » Ou encore, à propos d'un œuvre que j'avais offerte : « Tu as de la chance, parce qu'on a eu du mal à lui trouver de la place... » etc. Être artiste, c'est l'école de l'humilité... par l'humiliation. D'un autre côté, j'ai un grand fond de timidité (IRL) et j'aspire beaucoup à la tranquillité. Et donc je redoute tout forme de notoriété, même minime. Ça doit être très pénible. C'est trop encombrant, physiquement et mentalement. Et je suis abasourdi en pensant qu'il y en a (beaucoup) qui rêvent de cet état, où ils se voient au centre de quelque chose ! enfin... et même si leur rêve peut facilement virer au cauchemar. Je n'arrive pas à comprendre une telle idéalisation de soi pour se croire sujet d'adoration légitime sans avoir rien fait d'autre que d'être... Ça, s'est possible ! mais à la seule condition de n'être pas soi... mais l'Autre. Celui dont on parlait tout-à-l'heure – pas besoin de te rappeler qui, tu le connais mieux que moi.

Nos vies sont ce qu'elles sont, et rien n'y est en réalité comme on le croit. C'est mieux, ou moins bien. Ce qu'on croit mauvais, est mieux, et ce qui nous ravit n'est pas aussi idéal qu'on le pense. Mais ce n'est pas de notre faute : on n'a pas la hauteur de vue nécessaire. On vit à taille humaine... au ras de pâquerettes. J'aime beaucoup les pâquerettes ! ainsi que les renoncules, ou les pissenlits, et d'autres, dont je ne sais pas le nom. Ce n'est pas toujours nécessaire. À de rares exceptions près, je ne connais pas plus ton nom que tu ne connais le mien. Ça changerait quoi ? Rien à l'affection particulière qu'on se porte, sans besoin de savoir pourquoi. C'est ça (aussi) l'humanité.

Pour en revenir à l'anniversaire, tu te demandes peut-être pourquoi je ne voulais pas le fêter, alors que j'ai toujours fait des fêtes avec plein de monde avant ? Déjà, j'ai un peu le syndrome de Peter Pan – dont j'étais amoureux, enfant (en plus, il est roux comme moi), ainsi que de Link (du jeu Zelda), qui lui ressemble un peu (même costume et oreilles pointues). Vivre dans un monde imaginaire où l'on reste enfant/ado, sans vieillir, serait un paradis ! Encore un en carton... Mais bon, 20 ans, c'est la fin d'être un teen. Je suis encore jeune, mais quand même un adulte, avec tout ce que cela représente. Je vis seul la plupart du temps, autonome, avec même des responsabilités et des problèmes d'adultes. Rien de très compliqué, mais qui perturbe la quiétude insouciante à laquelle j'étais habitué. Je n'aime pas beaucoup les changements. Sauf que là, je change : pas de fête ! Il n'y a rien à fêter... Mes 13 à 17 ans ont été les meilleures années. À 18, ça allait encore, dans ma tête, mais la majorité a changé la donne sur bien des plans. Avant, les années étaient bien plus longues, passant lentement. On avait hâte aux vacances, ou même au simple week-end, voire juste au mercredi. Le mercredi, on se voyait, mais pas comme au collège, parce qu'on faisait ce qu'on voulait, et ce qu'on voulait, c'était surtout rigoler. Et on rigolait ! Maintenant, je ris moins. Je souris plus. Même avec Louhan – qui me fait souvent marrer – je me lâche moins que quand j'étais un ado. J'aime être avec lui, mais ne veux pas vivre avec lui. Je suis très accro à lui, sexuellement, mais je regarde aussi d'autres mecs – y compris pour me masturber devant mon écran. Je ne me sens pas fait pour le couple, même si j'apprécie beaucoup des moments à deux, en intimité comme en public. On est mieux, à deux, lorsqu'il y a un équilibre. Là, on est assez différents pour que ça soit intéressant – passionnant même – mais sans doute trop pour être viable sur la durée, malgré l'addiction mutuelle au sexe avec l'autre.

Par exemple, à cet instant, je suis mieux tout seul (avec les chats), à écrire. Idem pour faire de l'art en général, arts plastique ou musique. Je ne peux pas partager cela avec lui. Ce n'est ni possible, ni souhaitable. C'est une (grande) aventure... en solitaire. Il finirait par être malheureux avec moi, et c'est inenvisageable ! Pour le moment, on profite d'être très à l'aise avec l'autre, probablement parce qu'on en est au début – un peu plus de 9 mois –, et qu'au début, tout est bien. Or je suis aussi aux débuts de l'art et c'est ça qui sera la chose la plus importante de ma vie, et qui passera avant tout ! Il ne peut pas en être autrement... Et c'est pareil pour tous les artistes, passés, présents et futurs. En passant, j'exècre les ayatollahs wokes de la putain de cancel culture qui vont chercher des morpions dans la culotte des plus grands – auxquels ils n'entendent rien. Ben oui : les personnes hors normes sont des êtres hors normes... c'est une évidence ! Mais ce qu'ils apportent à l'humanité dépasse tout, à commencer par la bassesse des minables cafards qui couinent à leurs pieds. Period.

Notre complicité est grande, avec Louhan – je parle en dehors du lit. On commence à bien se connaître, et c'est agréable. On rigole souvent, avec cette particularité que l'on se fait rire mutuellement de manière involontaire. Disons que les manières de l'autre nous font parfois marrer. Lui, un peu brut de décoffrage, et moi, un peu trop précieux. Des fois, il me traite de « petite chose fragile... » avec le ton qui va avec. De mon côté, je lui réponds qu'il est un « ribaud de basse-cour ! » Bon, j'ai dû lui expliquer le sens du mot « ribaud » et il a finalement kiffé.

Il sait aussi comment me déstabiliser, et il en joue. Par exemple, il se pointe souvent chez moi avec la braguette ouverte. Je lui fais remarquer et il me dit : « C'est pas moi, c'est ma teube ! Elle l'a ouverte toute seule en arrivant... Sans doute qu'elle doit sentir ton cul. » Mais je l'ai piégé aussi, en lui donnant comme gage de sortir avec moi, en ville, tous les deux avec la braguette ouverte. C'est idiot, mais ça nous a excité de ouf ! Depuis on le fait souvent, ensemble. J'adore. Ça attire les regards. Les gens sont gênés. D'autres amusés, car ils comprennent que c'est fait exprès, vu qu'on l'arbore tous les deux. Avis aux amateurs : une mode est lancée !

On se parle aussi à cœur ouvert et l'on s'est interrogé sur nos fantasmes. Lui m'a dit qu'il était à fond sur la lingerie féminine, avec les dentelles, les rubans, et tout. En blanc, pour l'innocence ; en rouge, pour exciter le taureau ; en noir, pour tout est permis. D'autres couleurs aussi, et des mélanges. Les bas, avec ou sans porte-jarretelles. Les culottes, couvrantes, en soie gris souris, avec en dessous une très petite en dentelle. Des sous-tifs à balconnet – même si ça rend moins bien sur un mec. Un body, laissant les fesses à l'air. Une nuisette. Bref, des trucs de meufs...

— Pour le plaisir des mecs ! me corrigea-t-il.

— Des mecs qui aiment les meufs.

— Pas que (enchaîna-t-il en se désignant). Franchement, j'aimerai bien voir ce que ça donne sur toi...

— Sérieux !?

— Attends, chuis sûr ça t'irait à raaavir...

— C'est nimp... J'suis pas un trav.

— S'agit pas d'ça. Juste de m'faire un p'tit kiff, in private.

— Tu veux pas que je me maquille aussi ?

— Pourquoi pas... T'sais quoi ? Ouais, ça irait bien ensemble. Ce serait à voir en tout cas.

— D'façon, je saurai pas.

— Demande à tes copines. Y en a sûrement une qui serait ravie de t'apprendre.

— NO WAY !

— Ok, te fâches pas. Donc on part juste sur la lingerie... pour commencer.

— Mais...

— C'est bon, c'est pas la mort... T'inquiète, je m'occupe de tout. On verra ça bientôt. Pour ton annive par exemple...

Et j'ai vu... mais je raconterai ça dans le chapitre suivant. Sur les fantasmes, je lui ai parlé d'un des miens qui est un plan à 3 (avec 2 tops). Il a froncé les sourcils : « T'es vraiment une BDH... » [bandeuse d'homme]. J'ai bien aimé qu'il me dise ça... parce qu'il me voit comme pouvant faire bander des mecs. C'est un vrai compliment ! je trouve. J'adore l'idée... Je me vois déjà en reine d'une Fraternity US ou d'un bukkake japonais ! (je rigole...). Mais bon, faire bander un gars, c'est la base quand t'es gay. C'est toujours flatteur. Il y en a que je connais – comme ça, sur les réseaux – à qui j'aimerai bien faire cet effet ! mais bon, ce sont des hétéros... J'arrive quand même souvent à échanger un peu avec. Oh, pas grand chose, mais savoir que le pélo a écrit quelque chose, en privé, rien que pour moi ! ça me renverse... Dans ma tête, j'écarte direct. On a pas le temps.

J'ai répondu à mon bonhomme : « Bah surtout un BDL ! [air interrogateur de sa part] Un bandeur de Louhan ! et c'est déjà énorme... [sourire de sa part] Je veux dire : c'est ça qui compte. » Bon après, ça a vrillé (quelle surprise !) et il m'a dit : « Et bien montre-moi ce que tu sais faire pour me faire dresser la queue... » The rest is history, mais du coup on n'a pas du tout reparlé de mon fantasme à 3. Et je pense qu'il n'y tient pas vraiment. On en reparlera quand même... toujours dans un (autre) chapitre à venir.

Tu as vu que celui-là (de chapitre) est un peu en fouillis, fourre-tout. C'est que, comme précisé dans l'avertissement, j'y ai collé divers fragments épars. T'inquiète, on va vite revenir à des choses plus structurées, bien que tout ne le soit pas, en général, et que nos humeurs sont changeantes, comme la météo en Bretagne, ma terre solide sous un ciel plus indépendant. C'est que je me suis réveillé dans une insomnie – elles ne sont pas rares pour moi, depuis longtemps – et pas dans un état d'esprit bien gaillard. C'est souvent le cas ! Et c'est souvent dans la douceur de ces nuits que peu de gens connaissent que je mets à profit ce temps que je n'aurai pas dû vivre (consciemment) pour l'ouvrir à mes souvenirs du réel, de jour comme de nuit, avec ma manière de le restituer, sans rien trahir de fondamental, mais en prenant parfois d'autres points d'observation, avec d'autres éclairages. Je suis artiste, pas journaliste. Et donc, quand j'ai dit à mon « Lui » que je ne voulais rien faire pour l'anniversaire de mes 20 ans, il a fait une tête bizarre. Il n'approuvait visiblement pas ce qu'il devait penser être un caprice d'enfant gâté – passons, je lui pardonne – mais il eut soudainement une idée qui avait l'air de bien lui plaire... Il m'a dit, calmement, mais fermement : « Ok, comme tu veux. Mais ce qui vaut pour tes potes ne vaut pas pour moi. Et moi, je veux être avec toi ce week-end-là, et tu vas me le réserver. Annive ou pas, je te garantis que ça va être ta fête ! »

C'est ça un homme : ça ne te demande pas ton avis pour faire ton bonheur.


                À suivre...


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