LOUHAN - Chapitres 7 : Déclaration / 8 : Abus de Position Dominante

7/ Déclaration

La plupart des carrosses se changent vite en citrouilles ! sans même attendre minuit, du moment que le Prince charmant s'est vidé les couilles. C'est un peu cash, mais c'est réel. Les mecs sont des charos – les meilleurs, les vrais. Ils prennent et ils jettent, absolument sans le moindre remords. Ce sont des prédateurs ! Ils sont programmés comme ça. Le gars, il est non stop en chasse, c'est sa nature. Et quand il repère une proie à son goût, il n'y a plus que cela qui compte, il en est obsédé et fera tout pour arriver à ses fins, en déployant des tonnes d'effets grossiers, si ce n'est grotesques, pour avant tout paraître ce qu'il n'est pas mais qui devrait plaire et attirer son gibier dans son piège. Faut dire aussi que le gibier ne demande que cela ! Je ne te dis pas que tu es toi séduit tout de suite, mais que tu ne seras pas insensible à son show. Toi, par défaut, tu es ouvert... et lui ne cherche qu'à profiter de cette ouverture, exploitant la moindre faille pour s'y engouffrer, et prendre possession de ce que tu as à l'intérieur, et dont il va profiter, le temps qu'il faudra, que ce soit rapide ou prolongé, c'est selon. Il va te remplir et il va se vider. Ouais, j'y reviens, mais c'est à peu près tout ce qu'il a à t'offrir. Tu croyais quoi ? Tu lui es utile, momentanément, et durant cette partie commune de vos vies, il se consacrera entièrement à toi, sans réserve, avec passion et toute son énergie. Mais après... Après, il n'est plus le même. Et toi surtout, tu n'es plus le même à ses yeux. Juste une case qu'il a cochée. Des fois, il va vouloir des prolongations, et ça peut même durer. Mais le plus souvent, ce sera : « Next ! » Et il repartira de ta vie, physiquement, car toi, tu resteras plus longtemps marqué de son empreinte, revivant sa si prégnante emprise, pour occuper ton temps désormais beaucoup trop libre. Toi tu voulais être enchaîné à lui ! Et que lui le soit à toi. Je sais bien que tu n'y peux rien... mais lui non plus. Il te laisse des souvenirs, ce qui est déjà énorme. Or ce ne sont déjà plus que des rêves. Des rêves que tu as vécus, mais ça n'a pas tellement d'importance, car cela va vite revenir au même que si tu les avais juste fantasmés. Il y a des fois, des moments, où tu ne sauras plus. Lui non plus, mais ce n'est pas pareil, car ce n'est pas ça qui va l'encombrer, sauf comme simple objet de collection, pour décorer son ego, à la hauteur de ses ambitions. Avant que tu cesses d'être obsédé par lui, il en aurait attrapé combien d'autres ?

Ceux qui cherchent du sérieux – quel mot affreux ! qui en dit long... – ils ne resteront pas longtemps dans le game. OK, on les verra chouiner sur les réseaux que « men are trash » et tout le baratin habituel de ceux qui voudraient qu'ils soient comme ils rêvent et non pas comme ils sont. Ce serait vite ennuyeux... Pas mon genre. Comme je l'ai déjà dit : je les aime tels quels, car j'aime leur vraie nature. En plus, le réel est plus puissant que les rêves ! ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Tu auras des surprises, bonnes ou mauvaises, mais c'est ça la vie ! et moi j'aime le vivant. C'est clair que tes sex toys seront toujours là pour toi, mais même un gros connard est plus intéressant, sexuellement parlant. Tu vas (peut-être) me dire que le sexe est pas le plus important pour toi... OK ! mais c'est aussi ce que je dis en te disant que rien ne remplace une présence charnelle. Après, si j'ai affaire à un vrai charo, je te dis pas que ça me ferais plaisir de me faire jeter comme une capote usagée ! mais je sais que c'est une possibilité, et je ne vais pas penser qu'ils sont tous des sales types pour cela. Je pense plutôt qu'ils sont bons, et même très bons, à côtoyer, de près, le plus près possible... Je ne me lasserai jamais du spectacle d'un garçon. C'est beau de loin, comme de près ; sauf que de près, c'est chavirant.

Et donc, avec Louhan, il y a cette possibilité de ne plus l'intéresser. Le message que j'ai reçu, c'est peut-être pour me larguer. C'est d'autant plus possible qu'il est déjà en couple, et avec une meuf. Dans tous les cas, je suis un extra. Ceci dit, j'ai pas envie non plus de le voir s'installer chez moi, ni moi chez lui. Pas plus longtemps qu'un week-end – ou des vacances. C'est bien, déjà. Hélas, les probabilités que je puisse en passer avec lui sont extrêmement minces. Bon, ben tant pis pour le fameux « week-end en amoureux », du moment qu'il me ménage des moments dans son emploi du temps – chargé, entre le boulot (fatiguant) et son couple. Je ne peux rien espérer de mieux, mais le temps qui sera partagé sera toujours ce qu'il y a de mieux pour moi. Sa présence, son contact, les effets visuels et charnels qu'il me fait. Il n'a qu'à me sourire, même simplement du regard, pour que je me sente instantanément à poil... Il suffit qu'il soit là et je suis pris avant qu'il ne me prenne. Sa beauté, son charisme, sa gentillesse au naturel, et sa vigueur dans le particulier. Franchement, ça me ferait bien mal au cul qu'il ne viennent plus le visiter. Comme beaucoup de tapettes, je m'attache très très vite. Il suffit d'un poil d'attention et je deviens (mentalement) un esclave sexuel.

Quoi qu'il en soit, Lui, il ne m'a ni regardé, ni souri... dans son message – dont il est temps de prendre enfin connaissance. Lui, il m'a juste dit qu'il m'aimait – ce qui est énorme ! Il n'a mis que ça : « Je t'aime ». Tu imagines ce que ça m'a fait... J'étais K.O. Bien sûr, on avait passé un bon moment, et même très bon, mais se pouvait-il qu'il soit aussi accro que moi ? On sous-estime toujours son pouvoir de séduction – même si l'on sait, objectivement, que l'on est pas trop séduisant. Il y a toujours de l'espace, pas forcément grand, pour que ça passe. Pas avec tout le monde, mais avec certains. Moi je cours pas du tout après le genre mannequin ! Un petit grassouillet, par exemple, ça peut faire mes délices... Il y a aussi de belles sales gueules qui sont très attirantes. J'ai juste une restriction pour l'âge. C'est physique. Mais bon, lui est archi BG et il me trouve à son goût. Mais te gêne pas mec ! Autant que tu voudras...

Avec sa déclaration, aussi courte que percutante, j'ai l'impression que tout était dit. Quoi de plus ? Il ne me faisait aucune promesse, mais voulait que je sache son sentiment. Ça ne voulait pas forcément dire que j'allai le revoir, car ça pouvait devenir trop compliqué dans sa tête. J'imagine qu'il aime aussi sa copine. Il m'a possédé, il a moins de pression de ce côté. Et même avec des sentiments, et des sentiments forts, c'est aussi se compliquer la vie ; voire se la compliquer très sérieusement ! Il sera obligé de mentir, aux deux, pour ne pas être grillé, mais surtout pour ne pas faire de peine, à l'un ou l'autre. C'est un gentil, Louhan, foncièrement. Il n'y est pour rien s'il aime chasser la perdrix et le lapin, les bêtes à plumes ou à poils. Aussi bien. J'ai vu sur les réseaux que les bis pouvaient être rejetés par les hétéros comme par les LG(B)T, n'étant des « vrais » d'aucun bord. Ça me met en colère ! ce rejet, particulièrement de la part de ceux qui hurlent en permanence à la discrimination, semblant tout compte fait se complaire dans la victimisation. C'est une posture sociale – très dans l'air du temps. Rien à voir avec les véritables malheureuses victimes... que je plains de tout mon cœur, et qui, le plus souvent, ne font guère de tapage. Elles n'ont pas le cœur à ça. Il est trop lourd et leur pèse en permanence, dans leur fragile poitrine. J'en connais.

Quand quelqu'un te dis : « Je t'aime », tu le crois forcément. Pas une seconde tu vas penser que c'est peut-être juste une formule – la plus facile ! – employée sans modération par les plus insincères, voulant surtout dire : « J'aime ton cul, et je veux le posséder. » Toi, ça tombe bien car tu es bien disposé à ce bail – même si t'étais pas sûr, avant. Or, une déclaration, ça change tout. C'est toi qui es placé au centre, sur un piédestal. Il vaut mieux pour toi qu'il soit sincère, sinon tu vas tomber de haut ! De plus haut même que tu croyais être. Ce qui ne t'empêcheras pas de recommencer à y croire, parce que tu n'as pas le choix en fait. C'est ta nature d'être bien disposé au désir d'un mâle. Le tout étant de déterminer la nature de ce désir... et sa capacité à durer, passé le premier assouvissement.

Ça ne me dérange pas plus que cela si Louhan veut juste dire qu'il aime mon corps et faire l'amour avec. Le plus important pour moi, c'est mon ressenti. Si c'est qu'un daleux motivé essentiellement par son besoin de consommer de la chair fraîche, je me charge de faire tourner dans ma tête un scénario à la Disney où tout est merveilleusement en harmonie avec mes rêves de pétasse. Tant qu'il est là, avec moi, physiquement, le fourmillement de la sincérité me fera de toute façon vibrer, car j'y croirai, sans avoir besoin d'en être sûr. Les vrais prédateurs en sont bien conscients, et en usent et abusent. Mais toi qui me lis, toi le complice bienveillant de mes petits délires sentimentaux et charnels, qu'est-ce que tu en dis ? Pour toi, Louhan est sincère ou c'est qu'une formule vide ? Ça pourrait. Soit pour atténuer son départ assez précipité, car il a encore envie de profiter de moi ; soit tout simplement pour me jeter ! La déclaration d'amour anesthésie la raison et le jugement. Tu ne vois plus rien venir. Tu n'es pas en état de. De fait, j'avoue que ça m'a fait un choc. Non seulement j'ai un grand amant – ce qui est toujours extraordinaire car plaire à quelqu'un est comme une anomalie –, mais celui-ci est mon petit ami ! ce qui est beaucoup plus important. Ça y est, on est un couple ? Oui, il me semble... mais pas encouple pour autant. Faudrait pas oublier l'autre. Tu crois qu'il va la larguer ? J'en sais rien. J'ai même pas envie de savoir. Rien de ce qui la concerne. Je n'ai pas d'animosité, mais moins elle existera d'une manière ou d'une autre, mieux je vivrai toutes les éventualités.

Mais enfin, quoi qu'il en soit, il m'a dit : « Je t'aime », et tu peux être sûr que je vais le croire.


8/ Abus de Position Dominante

« Tkt on va se revoir. »

Ce fut ce deuxième message qui a interrompu mes pensées un peu idiotes et désordonnées. J'étais chamboulé. Peut-être qu'il avait attendu une réponse ? qu'il l'avait espérée !? Et là, il me relançait... J'allais pas le laisser sur un vent ! J'ai eu un quart de seconde d'hésitation pour lui écrire un chapitre comme celui que tu viens de lire, genre, mais dans le quart de seconde qui suivit, j'ai compris que c'était débile. Je suis plus intello que lui, c'est clair, mais quoi qu'il en soit, il valait mieux être concis. « Oh Louhan, tu peux pas savoir... Je suis si heureux ! Et c'est grâce à toi. » Je reconnais que c'est un peu mièvre, voire guimauve. J'aime bien la vraie, guimauve, mais pas du tout en littérature... Sauf que si, ici, j'essaye d'en produire, là c'était IRL ! et pas question de faire du style, les enjeux sont trop grands.

Tu auras pourtant peut-être noté que je lui ai pas répondu : « Moi aussi je t'aime. » Je voulais pas. C'est trop tôt pour moi, même si mon désir physique pour lui est ultra violent ! Et je trouve que cette formule est pas terrible. Le mot « aussi » me dérange. Et la déclaration, aussi. Je sais pourtant qu'il va durablement squatter ma tête et que j'aurai bien du mal à penser à autre chose qu'à Lui. Toi aussi tu en serais obsédé si tu avais vécu ce que j'ai vécu. Il est pas le premier à m'avoir fait jouir, mais le dernier en date, et ça efface tous les autres. Bon, il n'y a eu qu'un autre comme top... mais ça daaate, et j'ai été avec deux bottoms après. Lui, il m'a possédé, sur tous les plans, et depuis, je suis à Lui, totalement, sans restriction. Il y en a qui pourront dire ce qu'ils voudront, mais, appartenir à un mec (qui tient à toi), c'est une sensation >>> ! Alors, bien sûr que je suis amoureux ! et même accro, mais c'est pas des trucs qu'il faut dire à la légère – même s'il n'y a rien de plus léger que le présent.

Me voici rassuré quant à son état d'esprit : il veut encore de moi, au moins pour du sexe, ce qui est déjà très agréable, mais en plus il éprouve un sentiment amoureux ! ce qui est carrément merveilleux. Et lui aussi doit penser à moi. Je suis présent dans son esprit, et il doit se repasser les images de ce qu'il a vu de moi, et dans quel état ! l'état où il m'a mis... Moi, il y avait des moments où je ne le voyais pas, et ne faisais quele sentir – à cause de la position ou parce que je fermais les yeux. C'est pas que je voulais pas le voir ! mais que ça faisait trop, en sensations. Tu reçois un trop plein de ressentis et, pour pas devenir ouf, tu coupes l'image, ce qui ne réduit rien du plaisir, mais qui apaise un peu la surchauffe du cerveau, lequel ne peut pas suivre, bombardé qu'il est d'informations incroyables à traiter en simultané. Par contre, dans la position quand j'étais sur le dos, jambes écartées en l'air, et lui entre, au dessus de moi – jsp si elle a un nom, dis-moi si tu sais –, là j'avais les yeux ouverts ! le plus possible, pour ne rien manquer du fabuleux spectacle du visage du mâle dans le feu de l'action. Best sensation ever. Ses expressions du visage sont fascinantes. Il est grave, ne sourit pas. Ça ne l'empêche pas de se pencher brusquement sur moi pour m'embrasser goulûment ! et c'est alors une double pénétration, de son sexe et de sa langue. Les deux bougent, et me remuent, faisant vibrer mon corps plus fragile en harmonie à leur tempo et tessiture. Puis il reprend son travail de sape avec un regain d'ardeur, comme un athlète de fond qui viendrait de boire pour tenir la distance. Il a bu à ma bouche, à sa sensualité attirante à laquelle il ne résiste pas d'en goûter le fondant, comme un oasis de douceur au milieu de tout ce tumulte de gesticulations.

Et sa large poitrine imberbe se vernit d'un léger voile de sueur luisante – dont le parfum me fait fondre –, et ses épaules robustes, et ses bras puissants aux muscles visibles dont les mains me maintiennent plaqué, en prise, pour m'empêcher de tenter de me soustraire à son autre prise, autrement plus fondamentale et éprouvante... Je n'avais évidemment aucune envie de lui échapper, mais j'ai bien kiffé que la prise fut totale. Il y a un temps pour les doucereux câlins et les coquineries affectueuses, et un autre pour l'action ! où plus rien n'est freiné et où chacun lâche la bride à tous ses penchants. C'est le coït ! la copulation, la fornication, la baise dans tous ses états ! et dont la plupart ne sont pas racontables... Raison de plus pour le faire.

Il n'y a plus rien qui existe à part ce que je vis, avec et grâce à Lui. Je sais pas ce qu'il ressent mais je le vois déter total à me pilonner les entrailles en me bringuebalant à tout va dans toutes les positions. Je ne sais pas depuis combien de temps cela dure, ni combien cela va encore durer. Des fois, j'en peux plus... et voudrais qu'il en finisse ! tout en me disant que je regretterai que ça ne continue pas. J'aime trop sa présence, laquelle est essentiellement matérielle, mais sans oublier que c'est un esprit qui contrôle cette matière et qui la fait se mouvoir. Et cet esprit, il a de la suite dans les idées ! Même si j'ignore tout (pour le moment) de ce qui l'excite, j'ai bien conscience de sa conscience à lui, avec ses particularités, son identité. J'ai hâte de les connaître car je suis sûr que ça va m'exciter aussi ! – en m'excitant surtout de l'exciter.

Et donc, l'incontournable matière de sa personne prend une telle place en moi que je me sentirai probablement comme amputé lorsqu'il se retirera. Je ne sais pas non plus comment il va jouir. Peut-être en moi – enfin, dans sa capote, en moi. Ou alors comme dans les pornos, soit en se finissant sur mes fesses ou mes parties, comme une signature de possession ; soit en faciale, avec cette incomparable sensation des giclées tièdes et gluantes qui te fouettent la gueule, onction suprême, tandis que tu l'entends gémir et que le parfum de son sperme s'impose à tes narines – dont une aura pu se prendre un jet direct. J'aurai fermé les yeux, par réflexe, alors que le spectacle est sublime ! [Pas trop recommandé cependant d'en recevoir dans l’œil.] Et après ? Va-t-il me passer son gland souillé sur mes lèvres, et pousser son sexe rougi dans ma bouche ? pour que je le toilette avec application. S'il le fait, je me déroberais pas, malgré le risque. Dans ces moments-là...

Ces moments-là sont passés, et il a joui en moi, avec capote. Tu le savais puisque j'ai raconté comment j'ai joué avec la chose, après son départ. À présent qu'on n'est plus physiquement ensemble, il y repense aussi, à tout ça, à ce qu'il a vécu – pas comme moi mais avec moi, chacun de son côté, à sa place. Il doit revoir mon petit cul pâle, légèrement rose orangé, offert à son appétit salace et à son sexe dressé ; mon visage aux traits fins dont il provoquera toutes sortes de grimaces déformantes qui le réjouiront fort, en tant que signe visible de l'effet qu'il me fait et que je ne peux dissimuler, tandis que lui reste plus impénétrable, quasi en poker face, comme une affirmation de son contrôle total sur tout ce qui se passe et ce qui se passe avec moi. Il a la main mise sur moi, et je n'ai plus vraiment de marge de manœuvre. Or cet abus de position dominante ne m'afflige en rien, bien au contraire... Je voulais un homme ! et j'en ai un. Period.

J'ai parlé de mon visage « aux traits fins », ce qui n'est pas (ou plus) si vrai que cela. Je les trouve très changeants, en fait, mes traits, pouvant avoir un air gracieux, presque féminin, et virer, comme sur un coup de vent, à quelque chose de plus grossier, mal dégrossi. Je passe du beau au moche, et inversement, exactement comme la météo bretonne... Sauf que la Bretagne est toujours belle, même quand le temps n'est pas ensoleillé. Moi non. Et j'ai tendance à trouver que je ne m'embellis pas en vieillissant. En voyant des photos, je suis clairement frais à 16 ans – même si je ne le pensais pas alors – et pas loin d'être laid aujourd'hui, dans certaines circonstances. Je sais pas comment ça se fait. J'y pense pas trop pour pas déprimer. Et c'est vrai qu'être désiré par un beau mec, ça fait oublier d'avoir la sensation de ne pas le mériter. Il n'y a évidemment aucun mérite ! car la Nature se moque des a priori. Par exemple, je connais plusieurs gars de mon âge qui crush sur des femmes mûres. Perso, j'ai du mal à imaginer – et ça me répugne assez –, mais chaque sexualité à ses particularités. « Ne jugez pas ! et vous ne serez pas jugés » comme disait l'Autre.

Et donc, Louhan, tout canon absolu qu'il soit, il a du goût à se taper une tapette tantôt mignon, tantôt moins. Heureusement pour moi, il me voit pas comme je me vois – et c'est toujours le cas – car les phéromones que j'émets lui font croire que je suis mieux qu'en vrai. En passant, les poils pubiens jouent un rôle dans ce processus... Ni lui ni moi ne sommes rasés là, et c'est parfait à mon goût. Ceci dit, s'il me le demandait, je ne lui dirai pas non, car je ne suis pas en état physique et psychologique de lui refuser quoi que ce soit. Avoue que tu ferais pareil à ma place.

De fait, il m'a répondu de manière inattendue, avec une demande : « J'aimerait bien tu m'envois des nudes, maintenant, sous différent angles. » Le mot clé, je l'ai tout de suite compris, c'était : « maintenant. » Il avait à peine mis les formes, pour pas avoir l'air trop brutal, mais je savais instinctivement que je pouvais supprimer le début et ne garder que : « Tu m'envoies des nudes, maintenant, sous différents angles. » La suite me donnera raison. Il me demandera régulièrement des nudes. Il n'y avait plus de l'inutile : « j'aimerais bien » ou : « stp », car c'était plutôt un ordre. Pour te dire, une fois, j'ai rep : « Je vais voir... » car j'étais très occupé et pas vraiment en disposition pour ça. Et lui direct après : « Non, ta pas compris : C moi qui veut voir! Now!!!! » J'ai trouvé ça brutal, et très autoritaire. Franchement, ça se fait pas... mais franchement, en même temps, ça m'a grave excité ! Et j'ai fait ce qu'il voulait. Il a cette fois-là établi et officialisé les règles, une bonne fois pour toutes : ses désirs sont des ordres. Après, il m'envoyait simplement : « Nude » et je devais lui en balancer un au plus vite. Pour être tranquille, j'en ai préparé d'avance. Mais il a pas été content. Pas du tout ! Ce qu'il veut, c'est un nude, ok, mais que je le fasse à ce moment là, sans considération pour ce que je suis en train de faire...

Pour cette première fois, j'étais encore à oilpé et ce fut facile. J'ai bien sûr pensé qu'on se connaissait pas vraiment et que c'était peut-être un poil rapide. Mais bon, c'était pas le premier, vu que j'en ai fait pour mes trois amants précédents – mais uniquement à eux ! Et puis, j'avoue que j'ai pensé à truc qui m'a donné un regain d'excitation : j'ai imaginé sa meuf fouillant son tél et tombant dessus.


À suivre...


Commentaires

  1. Tu te répètes beaucoup. Ca peut être bien mais on ne comprend pas si c'est voulu ou si tu as oublié de te relire (l'ensemble des chapitres).

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