LOUHAN - Chapitres 9 : Dîner en Amoureux / 10 : Dessert gourmand

 9 / Dîner en amoureux

Il ne faudrait pas du tout croire, au regard de ses demandes pressantes pour des nudes, que je me suis retrouvé sous la coupe d'un pervers narcissique ! Je l'ai dit souvent : Louhan est profondément gentil, mais c'est vrai qu'il a un peu un côté Dr Jeckill et Mr Hyde, entre ce qu'il est dans la vie et au lit. C'est un daleux sexuel et il veut que ça se passe comme il veut, avec un côté dominant, mais sans rien de violent ou jsp quoi. Il est clairement accro à moi – on va le voir – et je ne le suis pas moins. Faut que je te dise que je lui ai aussi demandé des nudes... pas instantanément ! Mais j'avais envie, en son absence, de pouvoir le voir. Son corps nu, magnifique, avec aussi des gros plans sur ses parties génitales, le sexe au repos et en érection, ses fesses, ses mains ! – dont je suis moi-même assez fétichiste – et surtout son visage. C'est son visage qui me plaît le plus chez lui, soit sans expression, pour le côté dominant, soit avec son sourire éclatant, et les deux me renversent. Bref, je me suis pas mal masturbé sur des photos de lui, car il n'est pas assez souvent disponible à mon goût (et au sien). Je lui ai aussi demandé une vidéo avec éjac face cam en gros plan. Celle-là, je l'ai usée du regard, tu peux me croire, en la faisant tourner en boucle pendant que je faisais comme lui. Donc tout va bien entre nous, sur tous les plans. Je l'ai dit aussi, je ne trouve pas ça désagréable du tout d'avoir cet amant un brin autoritaire pour le sexe, et charmant et attentionné avec moi autrement.

Le lendemain de notre première fois, il m'a tél pour m'inviter à manger, dans une pizzeria. Ça m'a surpris car je n'étais pas habitué à ça. Avec mon ex, c'était toujours moi qui l'invitais au resto, et c'était rarement pour une pizza, mais plus light car il surveillait sa ligne. Seulement, là, Louhan mettait une condition. Il voulait qu'on fasse un test VIH avant. L'objectif : baiser après sans capotes. « Je veux qu'on soit libre... » m'a-t-il dit avec insistance. Pas besoin d'insister ! j'étais bien d'accord. Il s'était renseigné au local de Aides, et, ce qui est adorable, c'est qu'il a voulu qu'on y aille ensemble, comme un couple. En plus, il est passé me prendre, se contentant de klaxonner pour que je monte. J'étais prêt depuis longtemps, et le guettais à la fenêtre, mais j'ai aimé ce détail, encore une fois très masculin, du gars qui n'a pas le temps. Ceci dit, ça ne l'a pas empêché de m'embrasser goulûment à peine j'étais assis. Et ça a duré, car il s'est mis en même temps à me caresser, avec une main directe sur mon entrejambe. Le moteur tournait mais je me suis demandé si on n'allait pas ken dans la voiture ! Il s'est arrêté brusquement quand moi j'ai mis la main à son paquet. Il a démarré en me disant que si je commençais à trop le chauffer, ce serait vite, très vite, "le point de non retour"(sic) et qu'il serait "obligé"(re-sic) d'aller jusqu'au bout. Bon, c'était pas moi qui avait commencé, mais sa mauvaise foi m'a réjoui, une fois de plus parce typiquement masculine.

Il m'a pris la main avant d'entrer dans le local. Ça m'a mis dans tous mes états. C'est banal, pour beaucoup, mais c'était la première fois. Lui, il avait commencé par grave me démonter ! avant d'avoir ce geste tendre. C'était, je crois, plus pour s'afficher ensemble, en couple gay, devant les gens de Aides. Ça lui faisait d'abord plaisir à lui, j'en suis sûr. Par la suite, il me prendra souvent la main, ou par la taille, ou le bras autour du cou, en marchant, même en public. Et là, ce ne sera pas pour épater la galerie, ni pour me ou se faire plaisir, mais pour nous-deux, rien que nous-deux, ni plus ni moins.

Nos tests furent négatifs, et, même s'ils nous ont bien expliqué que ça ne couvrait pas les trois derniers mois, on s'est senti délivrés. Tout allait être plus naturel, et forcément plus intense. Le sperme, ça change tout.

Le soir, quand je l'ai rejoint au resto, pile à l'heure dite (pour notre premier date !), il était déjà là et s'est levé pour m'embrasser sur la bouche. Pas une grosse pelle ! mais un bisous tendre sur les lèvres, devant tout le monde. C'est gonflé parce qu'il pourrait se faire griller, rapport à sa meuf, et aussi auprès de ses potes qui savent peut-être pas qu'il est bi. Mais c'est un mec et il a peur de rien. [Tu sens comme je fonds quand j'écris ça (mdr) ?] En fait, j'ai su après qu'ils le savent, mais ne l'ont jamais vu avec un gars, ni su s'il avait un copain à tel ou tel moment. Ils connaissent que sa meuf – ou ses meufs, depuis le temps. Louhan ne mélange pas ; il cloisonne. Il est organisé.

Il était bien habillé et sentait l'eau de toilette – jsp laquelle. Moi aussi je m'étais apprêté, mais en faisant attention à ne pas avoir un outfit trop voyant, et bien plus retenu que je puis en porter parfois. Pas des trucs trop chers non plus, pour pas le mettre mal à l'aise. Il sait où j'habite, et que je ne suis pas pauvre, mais je ne voudrais pour rien au monde que ça puisse être une gêne pour lui et un malaise entre nous. Et donc je m'adapte. J'aime bien en même temps. C'est un honnête jeune travailleur manuel, qui a un heureux caractère et qui vit sa vie, selon ce qu'il est, et selon ses moyens, sans chouiner inutilement. Je pense à cette vieille chanson de Jean Ferrat : « Ma môme » – https://youtu.be/l30dY-93_GI. Je l'adore, et c'est une des rares descriptions de l'amour hétéro qui m'excite – avec le côté rétro sympa. Bien sûr, je me mets à la place de la môme du gars de la chanson. Jeune couple d'ouvriers, sans doute communistes et sans histoires, à part leur grande histoire d'amour ! faites des petites choses ordinaires de la vie, mais aussi de la passion sensuelle... Cette vie modeste, elle m'avait déjà fait fantasmer en lisant Jean Genêt, où tu as des bad boys qui vivent en couple dans un petit hôtel miteux. Ça me plairait beaucoup... mais pour un temps, seulement. Il y a toujours un moment où notre milieu nous rattrape. Et puis, je ne me sens pas vraiment encore disposé à la vie de couple durable, et en particulier sous le même toit. J'ai vingt ans et voudrai plus m'amuser, profiter, pour le moment. Il y a tellement de garçons, si excitants ! Je peux pas mettre le nez dehors sans tomber amoureux de plein de gars à la suite... Tu connais, probablement.

Quand je me suis assis, j'ai vu qu'il y avait une rose rouge sur mon assiette. Cela m'a ému, vraiment. J'ai senti une ambiance assez hétéro, genre, et c'était excitant aussi. Je n'ai aucun penchant trans, mais le pélo aime les filles, et moi j'aime ce pélo, avec qui « je fais la fille... » Je l'ai prise, l'ai sentie, et murmuré un « merci » timide en le regardant par en dessous. Après coup, je ne peux pas te dire si j'étais sincère ou si je jouais la scène. Un peu des deux, probablement. Mais j'essaye surtout, en tout, d'être conforme à ses attentes. Il est très attachant, et je suis très attaché. Pas pour la vie, mais j'ai quand même envie que ça dure un moment. Le fait qu'il soit déjà en couple est à la fois rassurant et inquiétant. Il ne me demandera pas trop d'engagement, mais je ne sais pas ce qui peut se passer en dehors de nous, de ce nous improbable, tellement qu'il n'est pas envisageable de trop se projeter dans l'avenir. Oui, ça me rassure et ça m'inquiète. Ce n'est pas que je ne sache pas ce que je veux, mais que ce que je veux n'est pas trop réalisable.

Il a pris une quatre fromages et moi une quatre saisons. On a fait ce truc débile et attendrissant à la fois : on s'est fait goûter une bouchée... comme si c'était quelque chose de rare. J'aime le fromage et les saisons, dans les deux cas pour la diversité. Et l'on fait partie de ce qui est désigné comme « diversité ». Par contre, je n'aime pas ces cases à connotations creuses, qui sentent le pédant en mal d'idées, qu'il soit journaliste, politique ou publicitaire (c'est souvent proche), et pensant avoir fait là une trouvaille ! Chacun est divers, et les catégorisations m'agacent. Mais bon, ici et maintenant, on est juste un couple qui dîne en amoureux, parmi d'autres. Peut-être que ces autres ont-ils prêté un peu attention à nous, bienveillante, amusée ou agacée. Là, ça n'a pas vraiment d'importance, parce que je le regarde et qu'il me regarde, et qu'on sourit, et que c'est bien comme ça. Et tous les trucs ridicules de romantisme à deux balles et de clichés en rafales, tu te les prends en pleine gueule ! et tu aimes ça. Plus tard, je crois que j'en aurais même pas honte. C'est pas que j'ai changé, c'est que je suis sous le charme, totalement envoûté, incapable de faire marcher ma raison qui s'est mise en sommeil. J'espère qu'elle va faire hiberner quelques saisons.

Il a commandé du rosé. Je lui ai dit que je buvais pas. « Tu vas bien trinquer avec moi... » Je pouvais rien faire, il décidait de tout. On a donc fait sonner nos verres, en se regardant bien dans les yeux, dans la lumière tamisée de lampes à abat-jour rouge. « À nos noces de sperme... » Il a dit ça en souriant, avec un air gourmand. Je crois que j'ai rougi – j'en suis sûr – comme une pucelle. Chaque instant était à la fois paisible, intense, surprenant, irréel... et excitant. Chaque fois qu'il me regardait, sans rien dire, je lisais ses pensées, ses pensées salaces. Il ne pensait qu'à ça... et du coup moi aussi ! Il m'a servi deux verres, mais j'ai à peine touché au second. J'étais déjà grisé. Bon, je ne me sentais pas mal, mais un peu à côté de moi en même temps. Le serveur, venu débarrasser, nous a demandé si on voulait un dessert. Il m'a interrogé du regard. J'ai répondu : « Comme toi. » Il a souri et a sorti, au calme : « Non merci, on va en prendre un dehors... qui n'est pas sur la carte. » Là, j'avais la gueule cramée ! tellement j'étais gêné (plus le vin). J'ai tout de même pouffé, comme une pouffiasse. Il a sorti sa carte bleue, parce que c'est lui l'homme, a laissé un billet de 5 en pourboire, et on est parti.

Bien calé dans le siège de la voiture, je me sentais merveilleusement bien... Il a mis sa main sur ma cuisse, la caressant doucement. J'ai pas fait attention à la route, mais c'est quand il s'est arrêté que j'ai vu des arbres autour. Je l'ai regardé étonné. Il souriait et m'a dit : « Un endroit parfait pour le dessert. » Et il a dégrafé son pantalon, relevé son cul pour le baisser à mi-cuisse, boxer compris. Et le voilà donc avec la bite et les couilles à l'air, attendant que je m'en occupe.


 10 / Dessert gourmand

Je ne voyais pas grand chose, mais tout de même assez pour me rendre compte que j'étais devant une situation tout à fait intéressante. Son sexe était au repos, et j'aime beaucoup ça. Cet état ordinaire est très joli et donne tout de suite envie de l'approcher, de le toucher, de l'embrasser. En même temps, tu es intimidé. Déjà, il a ce qu'il faut, je peux pas dire le contraire... mais au-delà des organes génitaux, c'est sa virilité même, pleine et entière qu'il expose à ma vue et à ma concupiscence. C'est ce qui fait qu'il est ce qu'il est : un homme ! Il l'est physiquement et mentalement, avec un caractère bien trempé, tout comme un sexe plein de capacités au développement et à toutes les possibilités d'épanouissement. Les deux vont très bien ensemble. C'est un double facteur redoutable de puissance – à commencer par la puissance attractive. Tu as envie instinctivement de te rapprocher de lui, d'être tout près ; au plus près. C'est le cas, mais je n'ose pas encore avancer la main, ou baisser la tête. C'est là le point central et primordial de ce que c'est qu'un mec. Le cœur du réacteur. Et c'est à toi qu'il revient de le faire réagir à diverses stimulations. Quelle responsabilité... C'est qu'il ne s'agit plus de toi, avec tes petits désirs (comme les grands) qui paraissent presque mesquins dès lors qu'il importe avant tout de se dédier entièrement à le satisfaire, aux mieux de tes capacités et de ce que tu as à lui offrir. Tout est possible ; tout est permis, dès lors que c'est son bon plaisir. Il est un absolu ! C'est à ça que tu reconnais l'amour passionnel. Alors, m'abandonner entièrement à Lui, me perdre totalement, pour ne me retrouver que dans ses moindres désirs, c'est le minimum vital... et un immense honneur !

La beauté de ce qu'il a à l'entrejambe m'hypnotise et me tétanise. Je ne suis qu'un simple et modeste officiant du culte de la virilité. Ma première idée est de soupeser les couilles, avec respect et émotion, les doigts frêles et timides en appréciant la masse, le poids. Doucement les masser, en les faisant rouler avec délicatesse. Me baisser pour les chatouiller de la langue, et en lécher l'odeur suave. Puis embrasser son sexe, objet vivant de vénération, d'abord une fois, très tendre, avec un immense respect et une infinie dévotion ; puis d'autres petits baisers, plus rapides et un peu partout. Ensuite, délicatement, sans y mettre les doigts, porter les lèvres entrouverte à son embout et l'avaler religieusement. Là, les doigts peuvent officier, en tirant lentement la peau pour le décalotter en bouche et que la langue fasse un lit de tiède douceur pour le gland, pareillement doux et tiède. La sensation est délicieuse pour chacun, et chacun pousse un petit « hummm » de bien-être. Aucun de nous ne voudrait être ailleurs ou faire autre chose. Et ne viens pas me dire que lui ne fait rien ! Il est, et ça suffit. Notre rencontre et son intérêt pour moi sont une bénédiction. Que chacun remplisse son office, ainsi qu'il convient, pour que ce monde plein tout autant de misères que de grandeurs, de saletés que de beautés, d'indifférence que de générosités, soit un moment, ce moment, suspendu (comme le temps) dans le plus harmonieux des équilibres : l'amour.

Tu vas le faire bander, et c'est pour toi qu'il bande ! Tu fais bander ce mec. Tu fais bander ton mec. Quel cadeau du destin ! Sauf qu'on n'y est pas encore, car je n'ai fait que rêver devant la chose sacrée... Sans doute un peu longtemps car il a mis la main sur ma tête pour la faire baisser de force jusqu'à écraser ma face sur ses parties, en la faisant bouger. Impossible de faire quoi que ce soit. J'ose espérer ne pas l'avoir contrarié en l'ayant fait attendre. Je n'ai plus mes réflexes, étant toujours grisé par le verre de vin. Je me sens en faute et ai très à cœur de me rattraper, comme il se doit. Il libère ma tête de sa pression, et je puis enfin agir selon la procédure sus-décrite. Enfin, pas totalement, car ce n'était réalisable qu'avec le confort de plus d'espace, à genoux devant lui, qui est assis, les cuisses écartées. J'en profite pour faire une aparté pour te dire qu'il est préférable, lors d'une fellation, que tu aies les fesses nues. Simple marque de politesse, de respect, et de soumission à toute éventualité. Mais aussi, tu verras que tu te sentiras bien mieux, plus à l'aise et motivé car en situation de totale offrande, sans aucun obstacle à ses désirs. Il est du reste fréquent qu'il lui prenne l'envie de te doigter pendant. Il se peut encore qu'il préfère te déculotter lui-même, et il te faudra donc commencer en sous-vêtement. Pour l'anecdote, je puis te confier également que lorsque j'écris ce genre de texte, je suis toujours moi-même les fesses (et le reste) à l'air. Cette disposition physique m'est un réel support à la disposition mentale nécessaire pour ce type d'écriture.

Et donc, l’exiguïté de l'espace et son inconfort ne me permettait pas de faire ce que j'avais à faire dans des conditions optimales. À la guerre comme à la guerre ! puisque c'est le terrain et la position qu'il a choisis. Je lui ai donc d'abord attrapé la chose du bout des doigts, l'ai mise en bouche, l'y décalottant en me délectant de la tendre texture et du goût délicat, si caractéristique. C'est bon, une bite ! à tous points de vue, et quel que soit l'usage que l'on en a – y compris pour la sienne. Dans une telle situation, où la marge de manœuvre est très réduite, il n'y avait là pratiquement plus qu'une teube et une bouche. Tout le reste encombrait l'espace, mais l'intimité de ce rapport me fit oublier, assez rapidement, ces masses inutiles. C'était surtout la mienne, remarque – même si je suis plutôt slim – parce que j'avais contre moi ses cuisses, son pubis légèrement odorant, son ventre, qui était chaud et se mouvait dans la respiration, avec parfois des manifestations que ça lui faisait plus particulièrement de l'effet... Pour moi, il était là et bien là ! et même si j'avais tendance à fermer les yeux, sa présence, ressentie intensément, restait quelque chose de bouleversant pour mon cœur amoureux. Oui, je l'aime. Indépendamment de tout. J'aime ce qu'il est, au dehors et au dedans, et je profite avec ivresse de ce moment, à chaque seconde, pour chaque centimètre de cette chair, gonflante et durcissante par mes manœuvres et son désir de mâle, tandis que mes efforts n'aboutiront au final qu'à son ramollissement.

C'était la première fois que je faisais ça dans une voiture et cette ambiance et conditions me plaisaient beaucoup. Malgré l'évolution des mentalités, la voiture garde une connotation masculine, surtout pour des modèles un peu sportifs, comme la sienne. Il adore conduire, soit de manière calme et sereine, soit plus nerveuse, selon les secteurs – un peu comme il fait l'amour en somme... ce qui n'est pas étonnant, vu que la bagnole est souvent perçue comme un substitut ou prolongement phallique. Son phallus n'a pourtant pas besoin de prolongement... me remplissant assez la bouche comme ça ! Il me faut t'avouer ici un handicap qui m'attriste pour le contentement de mes partenaires, à savoir qu'au-delà d'une certaine dimension – dès que ça touche le fond de la gorge –, je suis physiquement incapable de faire une gorge profonde... C'est impossible : j'ai des hauts-le-cœur, de fortes contractions ventrales et vais immanquablement vomir si l'on force. Ça m'est arrivé une fois, avec Abdoulaye, mon premier véritable amant. Il n'a plus insisté. J'en étais désolé, car tous les mecs aiment particulièrement ça mais je n'y peux rien. J'espère juste que sa copine n'en fait pas à Louhan... ce serait la honte et un désavantage pour moi. Je ne le saurais sans doute jamais, car ce n'est pas moi qui vais lui poser la question.

C'est moins pratique, à cause du volant, mais sucer le conducteur est un peu reconnaître une marque de son prestige. C'est lui le patron ! Il prend les décisions et tu es obligé d'accepter – tu ne vas pas faire grève ! car le satisfaire est tout ce qui t'importe. J'avoue m'être inspiré des vidéos pornos dans cette configuration. Je trouve néanmoins, comme je l'ai dit, que le suceur n'y masse pas assez souvent et longtemps les testicules, ce qui pourtant est un plaisir pour les deux, très stimulant. J'aime beaucoup les vidéos de sexe qui se passent dans les moyens de transport. Surtout les trains. J'aime bien le train, de base. J'ai aussi sucé une fois (toujours Abdou) dans un TER. Ça doit jouer, mais le mouvement, le risque d'être surpris, aussi (surtout). Même si ce n'est pas du tout recommandé, j'aimerai bien le sucer pendant qu'il conduit. D'une manière générale, le faire à un boug qui fait autre chose m'excite particulièrement. Genre il regarde un match de foot, ou il joue à un jeu vidéo, écoute de la musique, regarde son tél, ou même en train de manger (moi sous la table), etc. Je suis sûr qu'il y aura moyen de faire des bails comme ça avec Louhan. Il a l'air d'avoir un penchant pour le fétichisme, et je suis intéressé de découvrir, qu'il m'initie, ayant mes propres fantasmes dans ce domaine. Sois tranquille : tu seras mis au courant (et en détails) des péripéties en rapport à ça.

J'ai donc officié comme il se devait, avec délicatesse, étant forcément intimidé par l'objet dont j'avais la charge de l'accompagner jusqu'à la jouissance. Je me suis d'ailleurs interrogé s'il allait éjaculer dans ma bouche ou sur mon visage – comme c'est habituel dans les pornos, pour le côté spectaculaire. Les deux sont bien, de toute façon, et ce qui comptera le plus, c'est que je vais goûter son sperme. Tu imagines ? Moi pas trop. J'ai hâte, et j'ai le trac. C'est un événement ! Il fera comme il le sent et ça m'ira, car j'aime qu'il décide pour moi, dans plein de domaines. Je suis déjà de nature assez dubitative, ce qui m'handicape parfois, et donc c'est très confortable de se laisser faire et guider. D'autant plus par quelqu'un d'aussi agréable et intéressant à côtoyer. Ça m'amuse parce que j'en parle comme si l'on était un couple avec du vécu, alors que ce n'est que notre deuxième rapport sexuel et que l'on ne se connaît que depuis quelques jours ! Mais qu'importe... Je me sens tellement bien avec lui que je n'envisage absolument rien d'autre. Je n'ai même pas la lucidité de me dire que ça durera ce que ça durera, et qu'il y aura forcément une fin, pour une raison ou pour une autre – ou pas de raison précise, mais juste parce que le temps use tout. On en est pas là ! puisqu'on est en plein dans la passion des débuts. Je suis déjà totalement accro à lui, et je sens que lui aussi. La dépendance sexuelle, c'est réel ; mais quand elle est réciproque, c'est un carnage !

À un moment, il me prend la tête et imprime le mouvement, plus rapide, exactement comme il veut, comme ses sensations l'exigent. Moi, je fais de mon mieux pour accompagner son va-et-vient, en serrant bien les lèvres et poussant de la langue. Les yeux clos, et je suis ailleurs, dans une dimension merveilleuse, inaccessible au commun des mortels, mais où il m'est donné d'y vivre des moments mémorables, au top du top de mes meilleurs souvenirs. Et ce monde idéal s'est ouvert à nos désirs par la grâce de cette clef de chair, ouvrant tous les possibles. Et sa chair dans ma chair m'ouvrira à son assouvissement, tout autant qu'à l'exaucement de mes rêves les plus salaces, devenus presque mièvres en comparaison au réel. Le réel, c'est Lui ! Inimaginable autant qu'incomparable. Il a beau faire ce qui se fait depuis toujours, chacun de ses gestes, même les plus infimes, est absolument unique ! et, ici, exclusivement motivé par ma présence. Je suis un complément de sa nature, m'ajustant parfaitement à ses manques qu'il me revient de combler en le comblant de me combler – au propre comme au figuré.

Je perdis toute notion de temps, étourdi par le mouvement et l'axe de celui-ci. Tout ce que je peux te dire, c'est qu'il éjacula dans ma gorge, ne pouvant qu'avaler au fur et à mesure, tout de go. Hélas, je n'ai donc pas eu le loisir de déguster, comme je l'eus voulu, son essence intime et primordiale. Un peu de reste des dernières gouttes cependant, dont je fis avidement mon miel, les gardant en bouche comme un nectar se magnifiant entre mon palais et mes papilles...

Pourtant, le sperme, ce n'est pas vraiment bon. C'est pas du jus d'abricot ou de la crème anglaise ! deux choses que je consomme sans trop de modération. J'ai bien sûr très tôt goûté le mien, et j'ai fait la grimace. Après, en grandissant, je rêvais que c'était celui de tel ou tel crush, et ça passait déjà mieux, mais sans en abuser, léchant juste l'index droit. C'est quand je l'ai avalé directement d'une bite qu'il a vraiment commencé à être intéressant. Ce n'était pas meilleur pour autant, mais c'était celui d'un autre, et surtout d'un autre que j'aimais, et pour qui j'étais prêt à tout pour lui faire plaisir. Avec Louhan, c'était totalement le cas. Je l'avais fait jouir et était aussi heureux que si j'avais joui moi-même. Ça n'était même pas nécessaire. Il m'a longuement embrassé après, alors que ma bouche était encore chargé du parfum de sa semence. C'est ce que j'espérai, tout en pensant qu'il ne le ferait pas. Ça devait le dégoûter, comme il était bi. C'était juste un a priori idiot – comme ils le sont presque toujours. J'ai adoré cet intense bouquet final, plein de tendresse et de passion. Nous étions inséparables.

Tout sourire, il a redémarré. « Et maintenant, direction ton lit ! Je te préviens : on pourrait en avoir pour toute la nuit... »


 À suivre...


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