LOUHAN - chapitre 12 : Entre nous soit-il

 Je connais un garçon, il a un sexe. C'est un sexe de garçon. En un mot, c'est une bite. J'aime bien les garçons qui en ont une. C'est intéressant. Après, qu'est-ce qui est le plus intéressant : le garçon ou son sexe ? Disons que ça va bien ensemble. Et cet ensemble, il va bien avec moi. Parce que, moi aussi : je suis un garçon, et moi aussi : j'en ai une. Et lui, il pense pareil. Et lui, il pense aussi à mes fesses. Surtout. Elles lui plaisent, c'est comme ça. Ça ne me dérange pas. Pas du tout. Au contraire. C'est quelque chose qu'on n'explique pas. Ça sert à rien. Ce qui sert à quelque chose, c'est une bite et des fesses... à condition que les deux n'appartiennent pas à la même personne ! C'est vrai qu'on a les deux, chacun – au cas où. Moi, ça me va, je suis versa. Mais, avec Louhan, la configuration qu'il apprécie, dont il raffole, c'est toujours la même : sa bite et mes fesses. Si ça peut lui faire plaisir... Et en plus, si ça peut me faire plaisir ! C'est le cas, dans les deux cas. Ça tombe bien.

On est bien tombé, l'un sur l'autre. L'un dans l'autre, aussi. L'autre, c'est moi ; et l'un, c'est lui – l'unique ! Tout est un, chez lui. Il est entier. Je parle de sa nature. Oui parce que, « entier », ça veut aussi dire : qui a des couilles. On dit ça pour les animaux – au moins, je sais, pour les chevaux. Lui aussi, c'est un bel animal. Une belle bête, avec une belle bite, et de belles couilles. On dit aussi, toujours pour les chevaux : un étalon. On peut le dire pareillement pour lui. Lui, il m'a dit que j'avais de belles fesses. C'est déjà ça. Ma bite et mes couilles, ça l'intéresse pas plus que cela ; bien moins que mes fesses en tout cas ! C'est ce qu'il préfère, il n'y a pas de débat – que des ébats. Mais il n'y en aurait pas, d'ébats, si je n'en avais pas, de ces attributs. Des attributs sexuels. Ceux des garçons. Il aime bien, quand même, que je sois un garçon. Moi aussi. Moi aussi, j'aime bien l'être, et qu'il le soit aussi ; et qu'on le soit ensemble. Être ensemble, c'est bien. Vraiment. Surtout avec lui. Avec lui qui bande... pour mes fesses.

Je parle de « mon Homme » avec une bonne dose de dérision, parce que personne n'appartient à personne ! et que je n'ai pas l'exclu de partager ses bienfaits... Je le dis aussi pour m'exciter, parce qu'il y a un fond mythologique qui nous parle, quoi qu'on puisse s'en défendre. Remarque, j'ai bien l’impression qu'il y en a beaucoup qui sont plutôt dans la tendance inverse, à rêver de « l'homme de ma vie ! » lequel est le mâle idéal, collant parfaitement à tous leurs critères, cochant toutes les cases des souhaits, etc. Je n'ai rien contre les rêves, car ils nous aident vraiment à vivre et à mettre un baume sur nos bobos, petits ou gros. Mais enfin, heureusement qu'il n'existe pas ! ce Prince charmant pommadé et fade. En vrai, il pète et ça pue. En vrai, il peut être lourd. En vrai, il sera le contraire de ce tu voudrais, des fois. En vrai, il a au moins autant de défauts que toi ! ce qui n'est pas peu dire... L'égocentrisme en étant le principal, chez les gays. Tout tourne autour de son petit nombril, pour ne pas dire son petit trou du cul ! – très mignons par ailleurs, l'un comme l'autre, mais bon.

Lui, c'est autour de mon cul qu'il tourne... et plutôt deux fois qu'une ! Là, il a tout loisir de le faire. Nous sommes rentré chez moi, après le restaurant, et la petite halte sur la route, pour le dessert – un Banana Spritz ! une variante. Pour ceux qui ne parlent pas allemand, ce n'est pas une allusion au fameux cocktail, mais un croisement, puisque si cela évoque ce qui pétille – spritzig : pétillant –, le verbe « spritzen », c'est : éclabousser, jaillir, gicler, et donc aussi éjaculer. Fin de la leçon. Quoi qu'il en soit, c'était plus prudent de s'être arrêté ; ce qui n'empêche que j’aimerais bien essayer en roulant – et lui aussi, je crois – sur une route tranquille. Un phantasme. Bon. Et donc, là, on est dans mon logis – je ne dirais pas douillet, mais avec du caractère –, et il n'y a personne d'autres, à part des amis... animaux, dedans ou dehors. Ils dorment où vivent leur vie de noctambules. Nous aussi on vit notre vie. Chacun la sienne, mais avec des temps en commun ; et d'un commun accord. Le fait est qu'on s'accorde bien. Plutôt en accord majeur, je dirai. Accord majeur parfait ! genre do-mi-sol. Ce qui n'empêche en rien les renversements ! ni les quintes augmentées – et je ne te parle pas (pour des raisons personnelles) de la mise à l'octave... Et en avant la musique !

Ceci dit, je n'aime pas la musique pendant l'amour – pas plus que pour écrire d'ailleurs. Ça parasite. Déjà à cause du rythme et aussi pour le climat sensuel, imposé ou dégradé. Si l'un des deux se met à chantonner, même rien que dans sa tête, c'est fini. « Ben va écouter ça chez toi si c'est ce que tu préfères ! » Qu'elle soit douce ou pour s'ambiancer, elle n'a rien à faire dans mon lit !

Quoi de mieux que nos instruments naturels ? et les sons de leurs frottements, de l'archet... sur les cordes sensibles ! avec de stimulants pizzicatos, d'émouvants glissandos, de vibrants marcatos, ou d'arpèges, de trilles, et tout ce qui peut se faire quand on parle de cette sorte de musique de chambre, conjuguant les pianissimos et les fortissimos ! Et sans oublier toutes les nuances des pupitres des voix. Tu connais la musique... au moins celle-là. Comme percevoir de légères variations de respiration, pendant les prélis par exemple. Les cris et chuchotements ont besoin du silence pour exprimer au mieux leurs particularismes. Les bruits ambiants aussi, comme le grincement du lit ou les chuintements dus aux frottements de chairs lubrifiées, quel que soit l'orifice officiant. Même les caresses ne sont pas totalement silencieuses... Et les respirations, douces ou plus fortes, accélérées ! qui deviennent des soupirs, et des râles, et des cris ! qui s'étouffent ou éclatent, se retiennent, se libèrent...

Il a voulu boire un verre. L'alcool n'est pas trop mon truc, et j'avais déjà bu du vin à table. J'ai quand même de la bière au frais, pour les amis hétéros qui en boivent – oui, je précise, car je trouve que c'est un style typiquement hétéro. Je lui apporte une canette de Guiness, sans verre, pensant qu'il préférera, et moi aussi ! parce que j'aime bien voir un gars qui boit comme ça. Ça fait viril, je trouve. Fumer, c'est pareil. Je fume pas (et jamais ne fumerai) mais je trouve ça esthétique – à condition que ce soit une vraie cigarette ! pas une roulée ni une vapoteuse. Je me souviens d'une terrasse d'un grand café, à Paris, sur un boulevard (celui du Montparnasse), où il y avait une vieille dame, vraiment vieille mais très élégante, parisienne..., pleine de charme et d'un chic fou ! avec un grand chapeau, et des bijoux, vrais ou faux (peu importe). Elle avait dû en connaître du monde, et du beau monde ! des artistes, certainement ; des beaux salauds, aussi, sans doute ; un grand amour oriental, avec tout ce que ça comporte de passionnel ; un petit sympathique avec un titi parigot, vrai de vrai, de je-ne-sais quel faubourg. Et tous ceux que la vie, les circonstances, le hasard, lui auront permis de rencontrer, pour une heure, une nuit, une saison, et plus si affinités. Des souvenirs quoi. Des souvenirs qu'on pouvait voir danser, voluptueusement, dans les volutes éphémères de la fumée odoriférante qui s'échappait, en transparences et opacités mêlées, du bout incandescent de sa cibiche, elle-même fichée dans un assez long fume-cigarette. Les poses se succédaient, toutes dignes d'êtres immortalisées par les meilleures mains, en peinture, en photo, en sculpture. Spectacle magnifique ! de cette belle personne, pleine de grâce et de distinction, de nonchalance étudiée et de sophistication naturelle. J'ai adoré la contempler... et j'aime à croire, au fond de moi, qu'elle s'en est aperçu, et que ça lui a fait plaisir... de plaire, encore.

« Je ne vais pas t'accompagner... » dis-je à Louhan en lui tendant sa bouteille. « Si » me répondit-il presque sèchement, tout en ayant un petit sourire. J'ai aussitôt pensé qu'il voulait une autre gâterie pendant qu'il siroterait sa mousse, mais ce n'était pas cela. « Tu vas bien m'accompagner en me faisant un petit strip tease ? Mets-nous donc une musique qui va bien pour ça. Je voudrais que tu fasses une danse très sexe qui m'excite à mort, tout en te dépoilant, sans précipitation. » Qu'est-ce que tu crois ? Que je lui ai dit : « No music » ? Tu me connais mal... Déjà, pour un strip tease, ça passe... et il est pas venu ici pour être frustré par quoi que ce soit ! Mon devoir d'hôte est de savoir le recevoir, d'abord au figuré, et très bientôt au sens propre, pour me faire du sale... C'est qu'il faut bien croire, qu'à cet instant, je l'aime, parce que, quand tu aimes quelqu'un, tu n'as qu'une envie, c'est de lui donner du plaisir ! tandis que si c'est qu'un plan cul, tu as juste envie d'en prendre. Le plaisir d'en donner est réservé à l'amour.

J'ai cherché : « sexy chill music » sur une plate-forme et c'était parti. Le rythme était lent, et j'ai commencé par onduler dessus, roulant des hanches, faisant des arabesques avec mes bras et mes mains, les yeux fermés. Je l'imaginais, sirotant sa binouze, la mine réjouie, bien calé dans le fauteuil, les cuisses écartées, offrant un des plus beaux manspreading à ma concupiscence de jeune tapette en chaleur. C'est que là, entre ses cuisses musclées, il y avait le nœud de toute l'affaire... ce pourquoi la moindre des choses se rapportant à un mâle m'intéresse, en général, et me passionne, pour celui-ci en particulier. Il a ce qu'il a. Et ce qu'il a est là. Ça me donne presque des vertiges d'y penser, mon auto-excitation se couplant avec la griserie de l'alcool bu il y a peu. Il y a encore moins longtemps, mes yeux l'avaient vu, cet objet sacré de mes désirs. Mes mains l'avaient touché, mes lèvres l'avaient embrassé, et ma bouche l'avait gobé, et ma langue lui avait fait mille et une agaceries et joyeusetés, tout en palpant avec délicatesse ses belles couilles pesantes, pleines de sa semence virile que je réussirai bien à lui faire cracher par puissantes saccades ! Et il avait bandé sa mère, dur et haut, et je m'étais évertué à faire fléchir cette force de la nature avec tout ce qui était en mon pouvoir pour parvenir à ses fins à lui, lesquelles coïncidaient parfaitement aux miennes.

Et pourtant. Et pourtant, ici et maintenant, j'étais avec un parfait inconnu. Quelqu'un dont je ne savais rien, pas même le nom (de famille), ni l'âge exact, et encore moins l'orientation sexuelle (complète). Et le plus fort, c'est qu'il en était de même pour moi ! Je n'étais moi aussi plus personne, sans nom ni âge ni histoire. Je n'étais qu'un corps vide de toute espèce de personnalité, parce que tout ce qui ne relevait pas d'un total lâcher-prise était, dans cette circonstance, totalement inconvenant. En revanche, ce sont les sensations, les émotions, et toute la panoplie du ressenti charnel qui occupaient à présent toute la place, dans mon corps comme dans mon esprit. Et c'était merveilleux. N'être rien qu'un désir vivant.

Je suis le complément de l'autre, seulement. Ce n'est pas grand chose... dans l'infini cosmos, mais c'est immense ! dans notre petit présent. Qu'est-ce qui compte d'autre ? Ce n'est qu'entre nous que ça se passe, et il n'y a rien à dire qui polluerait cette intimité, rapprochée, théâtrale et barbare, pleine de vices et de naturel. Sauf que voilà, moi, je trahis. Et je m'en fous. Et même je m'en réjouis ! autant que j'en ai joui... Je te raconte, et de ce fait, te voilà avec nous, ce nous étrange qui n'est pas – et ne le sera jamais – celui d'un couple, mais juste de deux amants, passionnés de l'autre, et de rien d'autre, pour lui. Moi j'en ai d'autres, des passions, et de plus grandes ! en art. Or l'art est une maquerelle, qui me fait turbiner, en actions et en pensées, qui prend tout, exige tout, et ne me laisse presque rien, que les désillusions de ne pas pouvoir faire ce que je veux – comprends : de ne pas y arriver. C'est pourquoi je continue, y compris à te raconter ces amours, par le menu, avec de menus détails, même si point trop n'en faut, car ce ne sont pas les gesticulations (toujours un peu grotesques) qui sont intéressantes, mais les remous internes qu'elles provoquent dans ton âme et inconscience. C'est à cela que je t'invite au fil de mon déroulé hasardeux, à t'en tisser toi-même des représentations plus personnelles, qui te correspondent mieux. Peu importe ton degré d'expérience. Même si tu n'en as aucune de physique, cela ne compte pas trop, en ce moment, car tu es avec nous, et tu es l'un ou l'autre, ou les deux, ou juste l'air ambiant. Et tu vis ce qu'on vit, peut-être plus intensément parce qu'à ta mesure, en sur-mesure. On va t'aller comme un gant, si tu y mets du tien, à te laisser glisser dans ces peaux d'occasions qui font les bons larrons.

Et donc je ne suis personne, face à une autre personne. Et j'ondule, et j'oscille, avec une certaine exagération, puis une grande retenue, économisant les effets. Le strip tease n'est pas ma spécialité, et je me sens assez gauche et sans doute un tantinet ridicule. Je fais de mon mieux, mais je compte plus sur l'indulgence du jury et un public acquis à ma cause. Je ne sais pas toi, mais Louhan, oui, il l'est. Il s'en fout un peu (beaucoup) si ce que je tente de faire est juste digne des pires bêtisiers du pornos – ça devrait exister ! – car il voit exactement ce qu'il a envie de voir : moi me mettre nu, en prenant un peu de temps pour faire désirer le spectacle de ma totale nudité. Il la connaît déjà, mais ça n'empêche qu'il veut le grand jeu, pour en jouir un maximum. Et donc, je joue ce jeu, tantôt timide et pudique, tantôt déluré et provocant. Tout est dans l'alternance, dans le dosage. Mais enfin, vient fatalement le moment où je ne porte plus qu'un dernier sous-vêtement, et qu'il ne reste plus qu'une chose à faire. Et tu sais quoi ? Je ne sais pas comment l'enlever. J'ai peur du geste maladroit, de l'effet raté, qui gâcherait tout, à ce moment crucial. Enfin, pas tout, mais l'intensité de l’atmosphère. C'est sûr que, quoi qu'il se passe, les événements suivront leur cours, irrémédiablement. Mais je m'applique ; dans ma tête, je joue le sans faute. Tout ou rien ! Bon, pas rien, faut pas déconner quand même... mais je vise une certaine excellence, exactement comme si je travaillais sur une œuvre d'art. C’est du théâtre, même si je n'ai qu'un seul spectateur. Or, pour lui, je me donne du mal à nous faire du bien, car nous sommes ainsi faits, et savons par nous-mêmes ce qui plaira à l'autre, car ça nous plaît aussi. Bien entendu, la diversité des sensibilités et comportements est immense chez les gays ! mais, il y a des fondamentaux, des incontournables, lesquels tournent beaucoup autour de l’attirance sexuelle, et du rapport qui en résulte, quand ça matche.

Moi aussi, je lui tourne autour, à ce joli petit mâle, souriant devant moi, silencieux et visiblement ravi. Il est tout proche, ce moment qui vient de lui laisser la direction des opérations, où il pourra faire absolument tout ce qu'il voudra de moi, avec moi – et peut-être malgré moi ? J'avoue que je fantasme sur des trucs que je ne matérialise pas. Rien de précis, mais justement comptant sur la surprise de découvrir ce qui lui fait le plus d'effet. Je n'ai pas vraiment d'expérience fétichiste, par exemple, mais ça me tente, à condition que ça soit maîtrisé, et qu'on ne tombe pas dans des scénarios bas de gamme. Je suis bien obligé de lui faire confiance et ça fait partie de mon excitation, dans cette parade préliminaire. À présent, il est donc temps de m'en remettre à lui, et je me poste en arrêt devant, retourné, le cul bien en arrière – c'est-à-dire, en avant ! – et lui dit doucement, avec une certaine révérence : « À tout seigneur, tout honneur... » Je veux que ce soit son privilège de me découvrir de ce qui me reste, et je sais qu'il apprécie. Et je sens ses mains qui se posent doucement mais fermement sur son morceau de choix. Je ne vois pas sa tête, mais je sais qu'il jubile.

On peut se demander pourquoi, parce qu'un cul ressemble à un autre cul. Il doit le trouver beau, en lui-même, et surtout comme possibilité d'être en lui-même... Possibilité, qui n'est même pas une probabilité, mais une certitude ! L'idée de possession, aussi. Même bi, il reste un mâle alpha, et même déjà tout acquis à lui, je n'en suis pas moins une proie. Bon, là, c'est peut-être juste mon seul imaginaire... Il ne doit sans doute pas trop extrapoler dans la mentalisation du sexe – moi si ! parce que c'est ce qu'il y a de mieux à faire, ce qui fera le plus d'effet. Pour lui, j'ai une gueule et un corps qui lui plaît, et donc mon cul lui convient d'autant plus. Car, c'est le visage qui est déterminant, dans notre attirance – et, contrairement aux filles (qui sont moins futiles), c'est encore plus flagrant chez les gays, souvent impitoyables, bêtement, et notamment sur les applis de rencontre. C'est injuste ! mais la nature ne connaît pas cette notion – assez abstraite, il faut bien le dire. Un beau corps, de belles parties intimes, restent secondaires en regard du regard et de l'harmonie qu'il y a (ou pas) autour. J'ai déjà dit ne pas être comme ça, car moi, j'aime bien des gueules ! Et même aussi des « sales gueules » – ceux que les autres (la plupart) considèrent ainsi. Ceux du genre mannequin ne me font pas du tout rêver, et encore moins bander. J'aime l'humain, au naturel, et pas dans un artificiel déshumanisant. Sans doute est-ce ma sensibilité d'artiste qui s'exprime dans le fait que j'ai une perception moins stéréotypée de ce que dégage une personne. Ceci dit, je pense qu'à peu près tout le monde trouverait que Louhan est beau... mais c'est peut-être encore un parti pris – difficile pour moi de ne pas être partial. Pareil pour lui remarque. Pour une raison X ou Y, peut-être anodine, il a eu un crush sur moi ; et, comme par un coup de baguette magique, je suis devenu tout entier (très) attirant pour lui – ce qui n'a probablement rien d'objectif. C'est pour ça qu'il jubile, parce qu'il va posséder l'objet de ses désirs. Objet est le mot juste, car il y a toujours une certaine réification de l'être aimé, que l'esprit de l'aimant rend conforme à ses espérances, indépendamment de la réalité. Parallèlement, on se voit soi-même toujours moins bien que les autres nous voient ! ce qui est tout autant un dérèglement de perception du réel. Mais bon, le réel de Louhan, ici et maintenant, c'était essentiellement mes fesses, juste là, sous un mince tissus et dont ses mains percevaient néanmoins très bien la chaleur, la fermeté et l'élasticité. Une claque bien sentie confirma le diagnostique. Puis, doucement, il fit glisser le boxer pour le lâcher passé les cuisses, le laissant tomber tout seul à mes chevilles. C'est le moment de prendre ma déculottée...

Me voilà donc enfin nu, totalement, physiquement et mentalement, sans plus rien qui puisse faire obstacle à son désir viril. M'attrapant par les hanches, sa bouche se porte directement sur mon point d'entrée du plaisir, pour l'heure resserré, mais dont la langue va s'évertuer à se frayer un passage en ouverture à la porte des délices. C'est un bouffeur de cul. C'est un truc de mec. Moi aussi, je l'ai abondamment pratiqué ! lorsque j'étais top avec mes deux adorables mignons précédents, Louis et Lucas, et je sais combien ils appréciaient la chose, l'un comme l'autre, à en croire leurs gloussements et autres miaulements de chatte en chaleur. J'apprécie tout autant, me trouvant à leur place, mais avec plus de discrétion dans l'expression de mon plaisir. Faut être 100% bottom pour se lâcher à fond dans ses moments si délicats. Et puis, c'est un peu direct et j'ai besoin aussi d'autres stimulations, comme les caresses et les baisers. Les préliminaires font monter délicieusement la pression, jusqu'à te porter à mendier la pénétration phallique, n'en pouvant plus, dans un état de surexcitation au bord de la transe. J'ai bien connu ça également avec mon premier véritable amant, Abdoulaye, qui savait parfaitement y faire pour me rendre totalement crazy de ce qu'il pouvait me faire ! et de ce qu'il allait me faire... Sauf que là, rien de tout ça. À chacun sa manière, et celle de Louhan, à cet instant, fut simplement de se relever pour venir frotter sa braguette sur mes fesses. J'ai aimé cette sensation, tissus contre peau, mais cela n'a pas duré longtemps, car il a rapidement pris du gel pour en enduire mon anus, y introduisant un, puis deux doigts.

Même si c'était un peu direct, la sensation était là (et bien là). C'est presque automatique de réagir dès que quelque chose rentre en toi, à cet endroit, mais plus que tout lorsqu'il s'agit d'une partie saillante de l'être aimé, qui l'y remue à sa guise. Là, j'ai commencé à geindre plus fortement, car il a touché directement à mon point G avec une habileté d'expert en la matière. Je ne suis pas le premier à qui il fait ça – et pas le dernier non plus (certainement) – mais ce n'est qu'à moi que cela arrive, ici et maintenant, et tant mieux pour moi s'il a acquis chez d'autres cette adresse à me travailler en interne. Mais cela non plus ne dura guère, car il n'avait en tête que la copulation véritable, en bonne et due forme. La forme, il l'avait ! et je l'ai rapidement sentie passer... dans toute sa longueur et dans toute son épaisseur. Lorsque le gland, bien lubrifié, s'est appuyé, j'ai été ravi de la sensation, mais la poussée a progressé et j'ai été envahi, doucement mais résolument, de toute l'amplitude de son membre qu'il enfonça... jusqu'à la garde. J'en suffoquais et il s'est vite retiré, à mon grand soulagement, pour me laisser reprendre mes esprits et reposer ma chair, mise à l'épreuve de la virilité. Il me tartina de plus de gel, et revint à la charge, pour encore se retirer, et me laisser souffler, jusqu'à ce que je sois assez préparé pour les allures qu'il allait prendre : le pas, le trot, et le galop !

Être pris en restant debout, mais cassé en deux, fléchissant sous les poussées exercées, est une sensation particulière. C'est éprouvant car pas la plus confortable des positions... Il me fit redresser le buste, pour aller me plaquer au mur et m'y épingler comme un papillon. Là, il y alla sans plus aucune retenue ! me bourrant de ses ruades comme un forcené. Perdant tout sens de la mesure à mesure que ses sens se perdaient dans le plaisir du coït, il m'a culbuté avec une frénésie de furieux. Rapidement, j'ai comme perdu pieds, n'étant plus guère soutenu que par lui. Parfois, de sa main gauche, il me tenait le cou serré ; et de la droite, il m'enfonçait l'index et le majeur dans la bouche. C'était une prise totale : le fiak et la gueule ! et j'ai beaucoup aimé... Ou encore me fermant la bouche d'une main, étouffant mes gémissements. Ou un peu détaché en arrière, ne me touchant plus du tout, ne gardant de contact que là où il se démenait. Ou me serrant contre lui de ses bras, un sur le ventre et l'autre sur la poitrine. Ou me retournant la tête, pour m'embrasser goulûment. Ou m'attrapant par les cheveux, comme un cavalier s'accrochant à la crinière de sa monture – sans oublier de claquer ma croupe dans sa chevauchée sauvage, à hue et à dia. Il me bourrait... comme un bourrin ! sans jamais mollir dans son pénétrant va-et-viens. J'aurai pourtant apprécié une petite pause, ne serait-ce que pour le sucer un peu. C'est que j'ai souvent cette envie contraire : lorsque je l'ai dans la bouche, j'ai envie de l'avoir entre les fesses... et inversement ! Il faudrait qu'il se dédouble – ou invite un pote... J'ai jamais fait de plan à trois, mais j'avoue que ça me tente assez de me retrouver embroché comme un joli poulet (à découper). Mais bon, là, il faisait largement le job pour deux !

Je ne saurais te dire combien de temps il a tenu à ce train d'enfer, ni si je me suis rendu vraiment compte de soudains coups de reins encore plus appuyés accompagnant son orgasme... Toujours est-il qu'il est resté sans plus bouger un certains temps, respirant fort, m'écrasant contre le mur, dont ma peau sentait le froid sur le devant et sa chaleur à lui sur l'arrière. Il était resté habillé, n'ayant pas eu le temps ni la capacité d'en prendre pour être plus à son aise. En proie à une pulsion irrépressible, il avait perdu le contrôle de lui-même. Pour moi, cela avait été brutal, mais néanmoins efficace, car il a aussi renversé mes sens. La sensation, physique, après la sodomie, elle est énorme. T'as l'anus qu'a pris cher, mais un fourmillement va encore prolonger le plaisir un certain temps. Les connexions nerveuses envoient au corps entier une sensation de bien-être. Il n'y a qu'à ce moment-là que je la ressens de cette manière. C'est particulier, unique, incomparable. Il a planté en moi toute sa vitalité pour y semer au plus profond l'essence de sa force ! et ma chair alanguie en demeure frémissante. Je me suis fait déboîter, démonter, découper ! et suis ravi comme un innocent...

Il y a aussi toute la tendresse que tu éprouves pour lui. Surtout que mon Mr Hyde était redevenu le bon doc Jekyll des familles – docteur Gentil et mister Hard. Il me porta dans ses bras pour me poser avec douceur sur le lit et s'allonger près de moi, après s'être mis nu, me tenant contre lui dans ses bras aux mains caressantes – et plus particulièrement sur les fesses, évidemment. Je suis resté contre lui, la tête sur sa poitrine, à écouter sa respiration, sentir l'odeur doucereuse émanant de son corps d'homme après l'effort, et regarder longtemps son sexe rougi, marqué par l'épreuve du feu, encore assez gonflé et toujours superbe. Ma main se posa dessus, ému de sa matière et de sa chaleur. C'était la bite et les couilles de mon mec. Le trait d'union entre nos deux plaisirs. Tu peux pas rêver mieux...

La nuit n'était pas finie ! loin de là... Et j'ai connu d'autres saillies de mon bel étalon insatiable. Il put être doux et tendre, mais aussi tout autant impétueux. Il finit cependant par déposer les armes aux pieds de mes fesses, lesquelles avaient laissé pas mal de plumes dans l'aventure... Je n'ai pas jugé utile de tout dire, détailler, car ce ne sont pas les occasions qui vont manquer de t'en raconter d'autres, et non des moindres !


À suivre...


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