LOUHAN - chapitre 13 : Être ou ne pas être... sa femme !

 Après la soirée mémorable – comme toutes celles avec lui ! – que je t'ai partiellement racontée précédemment – en ayant toutefois laissé une bonne part de la nuit à la nuit –, on s'est revu régulièrement, pour ne pas dire très souvent ! à savoir presque tous les jours... Bien sûr, il y eu moins de soirées, étant donné, je le rappelle, qu'il était et vivait en couple, avec une fille... et qu'il lui fallait un alibi. En passant, un grand merci à ses amis Titouan et Yannis ! qui l'ont couvert, quand il fallait, pour le prétexte d'une soirée entre potes. Le fait est que c'était très entre très potes ! Faut dire aussi qu'ils pensaient qu'il allait retrouver une go... Ils savaient que Louhan pouvait avoir un petit penchant, côté mecs, mais ils mettaient cela plus sur le compte de soirées bien arrosées où il lui arrivait d'en tripoter, en rigolant. Comme c'était au vu et au su de tous, ce n'était pas suspect. Ils avaient bien eu connaissance d'un ou deux passages à l'acte, mais s'être fait sucer par un touriste, ça passait, et ce n'était pas un signe que leur camarade n'était pas/plus un hétéro pur beurre.

Et donc, Louhan passait plutôt le matin, de bonne heure, avant d'aller travailler. Il m'envoyait un message, genre : « Prépare toi je suis là dans 1/2 heure. » ou tout simplement : « J'arrive. » J'aimais bien cette brièveté d'information, sans la moindre fioriture ni marque de politesse, et encore moins de tendresse (apparente). C'est qu'il ne passait pas pour prendre le thé et me demander si j'avais passé une bonne nuit... mais pour me ken direct ! sans traîner, et filer aussi vite après. Je n'avais rien contre ! car, même si j'étais souvent levé bien avant, c'est une manière très agréable de commencer la journée. J'entendais les pneus de sa voiture sur le gravier et je prenais une grande respiration. La portière claque, puis la porte d'entrée. Il monte l'escalier 4 à 4 et arrive en trombe dans ma chambre, dont j'avais ouvert la porte en grand. Je suis dans la position où il aime me trouver : nu, bien propret de partout – tu m'as compris ;) –, légèrement parfumé, à genoux sur le bas du lit, le cul bien en l'air et les cuisses écartées, avec l'avant du corps abaissé, la tête dans un oreiller. Position idéale pour qu'il me prenne debout en levrette.

Je ne le vois pas, et ça pourrait être n'importe qui dont la bouche se porte directement sur mon anus, avec une langue fougueuse, ferme et mouillante, qui l'entreprend goulûment avec une outrecuidance des plus cavalière ! Ce « n'importe qui » est un de mes fantasmes : la baise en anon. Va savoir s'il m'a pas envoyé Titouan ou Yannis... Je les connais pas mais, vu que, de base, n'importe quel prénom de garçon m'excite, j'avoue rêver d'un plan avec eux, avec ou sans Louhan d'ailleurs. Tu dois me prendre pour la dernière des dernières... mais tu te plantes : je suis la première ! et je n'en ai qu'à peine honte... juste suffisamment pour que ça soit encore meilleur. Je rigole, mais ça m'excite quand même. Ça pourrait leur plaire ! en plus. À Louhan, je doute... Mais bon, je le connais pas encore si bien que cela, mentalement. Physiquement, oui, mais s'il va m'apprendre plein de nouveautés – dont on parlera plus tard – là, il n'a pas le temps, et ne tarde pas à se dégrafer juste ce qu'il faut, mettre du gel où il faut, et me pénétrer en poussant doucement, n'entrant qu'à moitié, marquant une pause tandis que je grimace, puis se retirant un temps, pour cette fois m'introduire jusqu'à la garde, ce qui me fait ouvrir en grand les yeux et la bouche, en harmonie avec mon fiak... Il commence alors son chaloupé ondulant – dont l'effet est garanti ! – augmentant le rythme progressivement, pour atteindre celui de croisière... laquelle n'est pas du tout de tout repos ! car la mécanique s'emballe dans la salle des machines et qu'il me pistonne comme un turbo, sans s'arrêter jusqu'aux ultimes ruades marquant l'aboutissement ondoyant de sa passion (que je partage). Mais alors le charme est rompu, et le cul rose se transforme en citrouille... Il n'a des lors plus aucune raison de s'attarder outre mesure, prenant quand même le temps de m'embrasser et de me claquer les fesses, tout en lâchant, vite fait, un mot gentil, mais impersonnel, passe-partout. Ne va pas croire que j'en sois vexé ! Bien au contraire : cette maladresse typiquement masculine m'attendrit. Le sexe, ce n'est pas faire de l'esprit dans les salons... et plus c'est comme c'est, mieux c'est ! Bien sûr, l'ambiance raffinée a ses charmes, et mon galant est aussi compétent dans ce registre – on verra cela au chapitre 15, avec plus de sentimental... et même de romantique ! –, tandis que là, ce n'est qu'un mec lambda qui est venu tirer un petit coup, vite fait bien fait, avant d'aller bosser. Ensuite, le souvenir de ce moment passé avec moi occupera ses pensées, régulièrement pendant la journée, lui donnant la banane ! – et je ne parle pas que du sourire... Pour moi aussi, le ressenti se prolongera longtemps, physiquement et mentalement, installant un bien-être spécifique à l'après-sodomie, perdurant dans mon corps et mon esprit, mêmement parcourus d'agréables fourmillements. Je resterai encore un certain temps, à me prélasser sur le lit, me refaisant le film de cette séance matinale. Quelques fois, je prolongerai l'action par une masturbation, avec ou sans gode, mais le plus souvent je resterai sur les sensations que lui seul m'a procurées, naturellement, et qui sont de loin les meilleures.

S'il n'avait pas pu venir le matin, il pouvait passer le midi, sur le pouce. Le pouce en question, c'était moi... Je lui préparais quand même deux sandwiches, avec un petit far en dessert, histoire qu'il ne saute pas son déj – en plus de moi. Également, s'il était venu le matin, il pouvait réapparaître en fin de journée, juste après son travail. Là, il était un peu moins pressé, mais plus fatigué, évidemment – en rappelant qu'il est déménageur. Et donc c'était plus un moment de détente et de relaxation... régulièrement accompagné d'une fellation, tout de même. Et en partant, il me disait souvent : « À demain ! » ce qui me ravissait ! car c'est un genre de promesse que les mecs tiennent ! quand ils tiennent à qui ils la font... En plus, il rajoutait souvent un mot gentil, que ce soit : « mon p'tit coeur » ou : « mon p'tit cul », ou : « mon bébé » ou : « ma p'tite tepu », « ma tchoin » etc. Des mots gentils que je te dis.

Les rares jours où il ne venait pas, il m'appelait et on parlait. Pas très longtemps non plus. Il n'est pas du genre à raconter sa vie, et je sentais bien l'effort muet qu'il déployait à m'écouter lui raconter la mienne, ce qui ne l'intéressait que très modérément. C'est là où je sentais qu'il a des côtés très hétéro, et même macho, et je t'avoue que ce n'est pas pour me déplaire... non pas que je veuille être sa meuf ! ce serait ridicule, mais que je suis attendri par toutes les formes et expressions de la virilité – et de la sienne en particulier. C'est que je ne réalisais toujours pas complètement qu'il était mon amant, en vrai. Ça peut te paraître grotesque, mais quand tu es subjugué par quelqu'un, que tu te dis qu'il est trop au max de l'attirance possible pour que lui, qui peut choper qui il veut, fille ou garçon, non seulement se soit intéressé à toi, mais qu'il puisse tenir à toi, en étant même addict au sexe avec toi ! c'est quelque chose de totalement irréel et incompréhensible... Ceci dit, j'ai pensé pareil pour chacune de mes quatre relations... sauf peut-être avec le petit Louis (pas très grand en taille) avec qui ce fut juste du fun comme ça, en passant, le temps d'un séjour à Barcelone, plus une fois après à Paris – intermédiaire entre la Bretagne et la Belgique – où l'on s'est bien amusé une dernière fois ensemble, avant de se quitter pour faire nos vies chacun de son côté, parce que les relations à distance, c'est mort, et que l'on n'était pas non plus vraiment amoureux. On passait du bon temps tous les deux, à rigoler et à baiser, mais vraiment en mode « vacances » et pas du tout : on va faire notre vie ensemble. Je t'en parlerai plus en détails dans un ou deux autres articles, sur le blog « Adolicences ».

Un jour sans lui était plus que triste : pénible. Pas que pour le sexe, mais au moins le voir, qu'il soit là, vivant, chaud, en mouvement, souriant, beau, allègre, gentil, sympathique, séduisant, avec sa bonne odeur et sa bonne humeur – toutes deux naturelles – et toutes ces facéties, ou simplement sa manière d'être, d'exister, sans rien faire de spécial, ou des fois un peu trop sûr de lui pour masquer qu'il était encore, de son côté, assez intimidé par moi – plus en raison du décalage social et culturel, intellectuel. J'avais beau lui dire que lui avait son bac et pas moi, ça ne le convainquait pas : « Arrête tes conneries... T'es un intello à donf, et donc tu t'en battais les couilles, c'est tout, n'en ayant pas besoin non plus pour être l'artiste que tu étais déjà. » Bref, sa présence m'était nécessaire, avec cet aspect rassurant et valorisant qu'ont généralement les mecs hétéros, et qui plus est les mâles alpha. Et pourtant, dans ma tête, pas question – au cas où ce serait possible – de vivre ensemble ! Je préférais être parfois frustré par son absence que finir par pouvoir être agacé par son omniprésence, au quotidien, sans autre échappatoire que son temps de travail. Ça fait peur, sur la durée, et ça peut gâcher tant de belles choses... Chacun fait ce qu'il veut ! et je critique pas ceux qui choisissent la vie de couple en habitant ensemble, mais ce n'est pas pour moi, j'en suis certain. Peut-être en partie à cause de mon histoire familiale personnelle, laquelle m'a plus habituée à une vie solitaire, mais aussi parce qu'il y a une chose plus importante dans ma vie qui est l'art, au moins sous trois formes : arts plastiques, écriture et musique. Artiste, ce n'est pas un métier, c'est un état. C'est comme LGBT : tu en es ou pas ! Ça s'explique pas. Et donc, je sais déjà que c'est l'art qui prendra toute ma vie, indépendamment du fait que mes productions trouvent un public ou pas, et sans même savoir si j'aurai envie de montrer, faire connaître ce que je fais, ce qui n'est pas encore le cas car je m'estime en phase d'apprentissage et que j'en suis à ce qu'on appelle : « les œuvres de jeunesse », sachant que ça peut être plus ou moins prometteur, mais que ce n'est pas encore abouti. Parfois, cela peut aussi s'avérer comme ce qu'il y a de meilleur de l’Œuvre. Peut-être comme les amours de jeunesse finalement...

Il pouvait m'arriver de l'imaginer, mais sans y penser trop longtemps, lors de ses retrouvailles avec sa meuf, avec un air de ravi – plus pour les raisons que je connaissais que de retrouver celle qui partageait sa vie, et qui n'était pas la seule... La tierce personne, amant ou maîtresse, a toujours le beau rôle. Celui ou celle qui va tromper l'autre pour des amours clandestines le fait avec plus de passion qu'avec qui fait partie du domaine de l'habitude. J'ignore quelle sera la durée de notre relation, ni son évolution, mais là on est au début ! et les débuts sont toujours flamboyants... Elle peut pas lutter.

Je n'ai jamais rien su d'elle, ni comment elle était, ni ce qu'elle faisait, ni son prénom. Ceci dit, je ne l'ai jamais questionné, lui, même évasivement. Déjà, je ne voulais l'embarrasser en rien, et je craignais confusément qu'il ait l'idée de proposer un plan à 3, avec elle. Autant avec ces deux potes, j'étais open, autant avec elle, il n'en était pas question ! Mais enfin, je considérais surtout que son affaire de couple ne me regardait pas. La curiosité n'est déjà pas mon genre – tout en étant gay, je t'assure –, et j'ai été élevé en respectant le principe de discrétion, vis-à-vis des autres et de soi-même. Bon, tu me diras qu'en ce qui me concerne, les textes sur ce blog prouvent une transgression manifeste de ce devoir de réserve ! J'avoue, mais il ne s'agit pas d'une attitude sociale, car, si je raconte tout ça, c'est pour (essayer de) faire de la littérature ! et c'est une bien plus noble cause que de respecter certaines convenances – qui gardent leur intérêt, dans la vie courante, j'en conviens, tandis que l'art consiste justement à bousculer les dites convenances. Bref, j'ai donc ignoré sa meuf, sans effort.

Mais tout ça jusqu'au jour où, après l'amour, alors qu'il était encore haletant, sur le dos, il m'a dit calmement : « J'ai largué ma copine. C'est terminé. C'était plus possible... à cause de toi. » Puis il s'est soudainement penché vers moi, et m'a dit de très près, d'une voix mi-douce, mi-ferme, tendrement déterminée : « Maintenant, toi, t'es ma femme. T'as compris ? Pas mon petit copain, ni ma meuf, mais ma femme. J'veux rien savoir ! » Puis il m'a saisi le corps et m'a fait basculer sur lui, m'y maintenant, les bras refermés sur mon dos. Je n'ai pas jugé opportun de dire quoi que ce soit. Je voyais bien qu'il était dans un état trop sensible. J'étais aussi un peu sonné. Cela avait été très rapide en fait ! genre 15 jours. On peut larguer sa go comme ça ? au bout de deux semaines ? parce qu'on a juste une aventure, un petit extra ? même s'il est plus extra (en dehors) de l'ordinaire ordinaire ? Visiblement, l'agrément de coucher avec moi, s'est transformé en amour – ça, je l'avais compris – mais il semble bien qu'il soit tombé dans la passion... Ça change le climat de notre relation. Je ne suis plus son amant extraconjugal, son plan cul régulier, mais presque son officiel – doutant qu'il soit prêt pour révéler notre relation au grand jour. Et plus encore : il voulait que je sois sa femme... J'ai bien compris qu'il ne pensait pas à ce que je me travestisse – enfin, j'espère... – mais que l'on devienne un vrai couple, lui étant l'homme à tous points de vue. Ce dernier aspect ne me pose pas de problème... mais je pense que s'il n'a plus que moi dans sa vie, il y a le risque qu'il veuille qu'on vive ensemble ! ce que je ne veux pas. Hors de question qu'il s'installe chez moi : c'est un sanctuaire... et il y serait vite mal à l'aise, et moi aussi de l'y voir en permanence. Je suis très amoureux de Lui ! la question n'est pas là ; mais ma vie, ce n'est pas que le sexe – même si notre relation s'est déjà plus étoffée, et le sera forcément plus encore, vu sa nouvelle totale disponibilité. J'ai déjà vécu une dizaine de jours, ici, avec un gars (Abdou), mais c'était du provisoire, le temps de la fin des vacances scolaires. De même, que Louhan passe ici tous ses week-ends, ok, mais pas plus. Et c'est définitif, pour lui comme pour n'importe qui d'autre.

En même temps, c'est agréable d'être désiré, et même plus que cela : être aimé, totalement, sans réserve, au point qu'il n'y ait plus que soi qui importe pour l'autre ! Je sais que beaucoup de jeunes gays rêvent d'une relation de ce genre : compter pour quelqu'un, et compter à ce point que l'on est tout pour lui ! Moi, je n'en demande pas tant. Ce qui ne veut pas dire non plus que je m'y oppose. Je sais bien, parfaitement bien, que ce n'est pas raisonnable, mais que veux-tu... moi aussi, je tiens énormément à lui ! et donc, je n'ai évidemment pas envie de le perdre, ni même de simplement le contrarier. Et donc, allons-y : je serai bien sa femme... mais que dans l'intimité du couple ! C'est déjà un certain renoncement dans ma liberté à laquelle je tiens par dessus tout ! Honnêtement, on ne peut tenir à deux sans faire de concessions... Et tu sais quoi ? ce n'est pas plus mal. C'est vrai, on a vite fait de se laisser enfermer dans ses petites habitudes, qu'on courre le risque de devenir invivable. Je suis trop jeune pour les manies de vieux garçon, MDR, et plus un gamin pour apprendre à vivre en adulte. Et enfin, je dois bien reconnaître une chose : c'est qu'il le mérite.

Mets-toi à ma place. Tu ne l'as pas vu, comme moi, dans les yeux ; ses yeux malicieux, rieurs, espiègles, montrant combien il est tout heureux, avec moi. Il a déjà, de base, un excellent caractère – ce qui est moins mon cas –, mais le voir épanoui avec moi me ravit complètement. Qui ne le serait pas ? Toi aussi tu craquerais, si tu avais, comme moi, goûté à la douceur et chaleur de ses lèvres, de sa langue. Il m'embrasse comme un hétéro qui embrasserait une meuf qui le ferait bander sa mère ! C'est un expert en tout ce qui concerne le sexe. C'est un goat ! Il y a des gars comme ça. Les meufs se poussent du coude quand il passe à leur portée. Certaines savent pourquoi... d'autres se l'imaginent. Elles s'imaginent sentir ses mains de travailleur parcourir leur corps de princesse, entièrement nu pour que ses paluches puissent aller à leur guise partout où elles en auront envie. Avec moi, il ne tarde jamais à palper mes fesses. Il les malaxe comme une pâte à pain, les claque avec bonne humeur ! tout heureux de l'aubaine. Tu n'as pas senti cela... et plus encore ! car il n'en reste pas là, allant rapidement profiter des droits acquis sur ma personne, quel que soit le degré d'intimité des parties concernées. Et il ne s'en prive pas ! sans gêne aucune... Et pourquoi donc se retiendrait-il ? C'est lui seul qui tient le rôle viril, portant avec fierté les attributs afférents, et se comportant en rapport, avec la part d'exagération qui va avec. Il ne suffit pas d'avoir un truc qui pend entre les jambes... il faut encore se montrer à la hauteur de tels attributs ! Il n'est pas donné à tout le monde d'être un charo affamé, un queutard invétéré, un de ces bonhommes qui te refont le cul sans que tu puisses dire ouf, car tu manques trop d'air. Lui n'en manque pas ! ayant le culot de ceux qui savent ce qu'ils valent. Il en a assez vu, des yeux chavirés, assez entendus des soupirs, des gloussements, des râles et des cris ! Je m'ajoute à sa liste, honoré d'y figurer. Je pense qu'elle comporte plus de filles que de garçons, mais je n'en sais rien – et je ne lui demanderai pas. Je t'ai dit ne pas être curieux, et ça serait intrusif sans rien m'apporter. Celles ou ceux d'avant, celles ou ceux d'après, ce n'est pas mon affaire, car mon affaire, c'est le présent, c'est maintenant ! Un maintenant fait de ces petits matins, ou autres moments plus tranquilles, où je le sens me pénétrer, et bouger, progressivement, avec maîtrise et volonté. Il est déter. Rien ne l'arrêtera ! sauf l'orgasme... Et encore ! il lui arrive de continuer malgré tout, sans débander, et de jouer des prolongations... jusqu'aux penalties ! Il gère comme un pro. Et après cela, quand il reprendra son souffle et moi mes esprits, je poserai ma tête sur sa poitrine, écoutant son cœur. Quelle émotion ! Et ma main glissera sur son ventre, pour aller se poser sur son sexe rougi, encore brûlant des frottements incessants, et humide de sa semence. Et je respirerai à même sa peau son odeur suave de vainqueur, pénétrante, enivrante. Ni lui ni moi ne savons plus si nous sommes vivants ; ou plutôt à quel monde appartenons-nous ? Car nous ne serions pas étonnés, après un tel (mini) Big Bang, d'avoir été propulsé dans un monde parallèle... d'autant que nous avons aussi l'impression de revenir d'une autre dimension. C'est possible dans le cas d'une grande harmonie sexuelle couplée à un sentiment fort l'un pour l'autre. Au final, nous sommes juste « nous ». Un nous-deux entier, unique. Pour le meilleur et pour le jouir.

Alors, il peut bien me considérer comme « sa femme »... et, pourquoi pas : sa pute ! Sa michto perso. La belle affaire. Qu'est-ce que j'en ai à foutre de ma dignité !? C'est pas elle qui me fera ce que Lui me fait. Je comprends les filles perdues. Fantasmatiquement, je les envies, quelque part. Plus haut il t'aura fait monter, plus dure sera ta chute, lorsqu'il cessera de te porter et te laissera tomber. J'ose pas imaginer. C'est là qu'on peut être prêt à tout pour le récupérer, comme un drogué en manque. Sauf que c'est peut-être lui qui est le plus en manque. Lui qui a un besoin vital de moi, d'être avec moi, au plus profond de nos âmes comme de nos corps – indissociables. On ne contrôle plus rien. Ça sert à rien. Faut lâcher prise et se laisser aller... à sa nature, à son instinct. Ce sera bien.

Avec cette étonnante déclaration, difficile de discerner son degré de sincérité de ce qui lui aurait juste échappé, dans l'exaltation du moment, en prolongement du feu de l'action, alors qu'il était encore tout chamboulé par le coït et l'orgasme. Il peut l'avoir pensé, et le vouloir, mais sans perdre pour autant la raison. Et qui sait s'il n'y pense pas comme moi et qu'il regrette déjà, et a peur de ce que je pourrai en penser ? Le fait est qu'il m'a dit, sur un ton plus doux et plaisant : « T'inquiète, je vais pas te demander de te faire couper les couilles... Je les aime bien tes couilles ! et j'aime bien que tu soies un garçon. J'ai dit ça, je sais pas pourquoi. C'est juste pour te dire que je tiens à toi. À toi tel que tu es ! Parce que c'est ça qui me va. Qui me va très bien même. Et même que je me suis jamais senti aussi bien qu'avec toi. Je dis ça comme ça ; te sens pas sous pression. Je sais que tu aimes plus que tout la liberté, ta liberté, et je respecte ça. Même si tu me jettes... j'en serai malade à en crever, mais je dirai rien. Pour moi, c'est toi d'abord, point. C'est vrai que, dans le sexe, je suis plus dominant. Mais c'est mon rôle, celui du top. Et puis je sais que tu aimes bien quand je dirige. Et j'aime ça aussi. En vrai, on se complète. Et j'aime me compléter avec toi. On est pas du tout pareil : pas du tout le même milieu, ni le bagage intellectuel, ni la façon de penser, ni d'aimer les mêmes choses, comme les séries ou les films – et je parle pas des livres vu que j'en lis jamais... et toi plein ! Enfin bref, tu m'as compris. Je t'aime Octave, et puis voilà. »

À suivre...

Commentaires

  1. La fin Wow ! Elle laisse pas indifférent ! Je me trompe ou c'était vos 15 premiers jours, donc maintenant depuis un petit bout de temps ?

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    Réponses
    1. En effet... On est ensemble depuis 9 mois et une semaine, mais tout ce que je raconte n'est pas toujours dans l'ordre chronologique, avec des choses qui datent de plus tard – ce qui sera encore le cas pour le prochain chapitre. Je mélange un peu les faits mais ils restent réels. J'ai beaucoup de retard sur le fil de nos aventures, mais j'ai aussi pas mal de fragments de textes en stock – certains assez gros – que j'ai écrit plus à chaud, pour ne pas perdre.
      Merci en tt ca de réagir ! ça fait tjrs plaise.

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